giorgino

Une petite douceur

Fragments de nuit © Bruno Forêt

Comme une friandise noyée sous la chantilly des brouillards, le Sacré-Cœur aime parfois se donner des allures de sucre candy. La nuit le grignote lentement et le fait fondre, telle une énorme sucette brandie fièrement par la ville lumière.

N'en déplaise à ses détracteurs, il y a certains soirs, magiques, où le Sacré Cœur assume pleinement son côté "confiserie" urbaine.



"Sweetie Pie", Stan Getz (Imagination)

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Va-où ? © Bruno Forêt

Aujourd'hui, mabulle a encore éclaté, me laissant seul et désemparé. Le serveur internet ne servait plus à rien et mon blog ne répondait plus aux commandes. Plus de poste de pilotage, plus de console d'administration, plus qu'un incommensurable vide…
Quel dérisoire attachement que celui qui me lie à cette bulle bien fragile. Une seule journée sans électronique et me voici sans attraction synaptique. Que m'arrive t-il ? Serais-je devenu blog-addict ?
Allo docteur, ici Giorgino… J'ai les premiers symptômes d'une accoutumance déraisonnée aux choses informatiques. Dans les phosphènes brouillant ma vue ne volettent que des chiffres : le système binaire a remplacé mes hallucinations lumineuses et mes acouphènes ne bourdonnent plus que le lancinant murmure d'un ventilateur de micro-ordinateur. Je deviens homme-machine, le web est l'ombilicale veine transportant un flux de données codées en mon sang transformé. Erratique est ma pensée, technologique sera ma vie ?



"Electronic performers", Air (10000 Hz legend)

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Pense bêtes

De la bouche à l'oreille © Bruno Forêt

Heureusement que la Saint-Valentin existe, sinon comment saurions-nous que nous nous aimons ?...

Vivement demain…

Penser à acheter des roses, en nombre impair si possible, pour lui prouver que je l'aime plus le jour de la Saint-Valentin que les 364 autres jours de l'année.
Penser à enlever les épines.

Penser à lui laisser un mot doux, jeter tous les brouillons si possible, pour lui faire comprendre qu'aujourd'hui je sais écrire autre chose que la liste des courses.
Penser à avoir des idées ou acheter un dictionnaire des citations.

Penser à lui offrir un petit cadeau, diffèrent de celui de l'année dernière si possible, afin de le rassurer sur l'état de mon compte en banque.
Penser à vérifier l'état de mon compte en banque.


Penser à l'appeler sur son téléphone, au moins une fois par heure si possible, pour lui dire que le manque est insupportable et lui démontrer que je connais enfin son numéro de portable.
Penser à changer de forfait.

Penser à être plus tendre et plus câlin, être un véritable pot de colle si possible, afin de pouvoir être un sale con en toute impunité le reste de l'année.
Penser à doubler ma dose de parfum.

Penser à ne pas parler politique, ou de tout autre sujet qui fâche si possible, afin d'éviter que le joli service à thé qu'il m'offrira très certainement ne termine sa courte vie sur le sol de la cuisine.
Penser à doubler ma dose de calmants.

Penser à lui faire l'amour comme une bête, ne pas avoir de panne si possible, afin de le remercier d'avoir attendu ce 14 février pour enfin prendre son pied.
Penser à doubler ma dose de Viagra.

Penser à lire plusieurs fois cette liste, ce soir au coucher si possible, afin de bien me remémorer tous les points abordés.
Penser à y penser.

PS : Penser à ne plus être célibataire, si possible ;-)


"La différence", Les Clam's

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Mise à jour du jour

Pianissimo © Bruno Forêt

Il était une fois un Giorgi tout intimidé, perdu, seul au milieu d'une vaste plaine jusqu'alors inconnue. Le nom de cette contrée sauvage, vers laquelle ses pas l'avaient guidé, évoquait un univers mystérieux, florilège d'images et de mots nouveaux, estampe mouvante de vies enluminées : la Blogosphère… A la croisée des mondes réels et virtuels, il fit la connaissance de créatures aux patronymes étranges : Excelsior, Sté, Buzz, HP, Nico, Shade, Scape, Mélu, Piel, Phoenix, Lili-prune, Jim et tant d'autres… Peu à peu, Giorgi s'enhardit et souffla lui aussi sa bulle de savon, et dans la fine pellicule de ses mots translucides il fit naître le reflet d'images mordorées. Au fil des jours, il apprit à maîtriser le son, la tonalité chantante et musicale de ses pérégrinations mentales cascadant peu à peu au creux des fondrières formées par ses articles.

Le jour est enfin arrivé où le "petit" Giorgi va pouvoir faire entendre à la communauté la voix de l'une de ses fées.



Vous ne l'aurez pas forcément compris, mais j'ai écrit ce conte-à-ne-pas-dormir-debout pour vous signifier que j'ai mis à jour l'un de mes anciens post. Oui, je sais... Tant de lignes gâchées et de minutes écoulées pour parvenir à cette ultime et bête conclusion : écouter la chanson "Angèle". Précipitez-vous quand même ici (fais un petit clic et la bobinette cherra) et découvrez, une larme émue se jetant du bout de vos cils, la belle et sensuelle voix de Labay…

Morale de l'histoire (auto-flagellation) : rien ne me sert d'être prolixe ou d'écrire trop tôt si la maîtrise informatique n'est pas encore montée au cerveau.

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L'appartement (Chambre à louer)

Comme mon article précédent a soulevé une vive polémique et que je suis l'objet d'une fatwa à la carte bleue (lire LE commentaire assassin qui m'assassine), je persiste et signe.

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L'appartement

C'est écrit vite fait, c'est posté vite fait... ce sera relu après... mon rendez-vous chez le dentiste... Soyez indulgents ;-)

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Pile ou Face

Toits de Bruxelles © Bruno Forêt

A tire d’ailes
Se tire l’idylle
S’efface celle
C’est facile
Celle qu’il aime...

Il s’fait d’la bile
Elle s’fait la belle
Aussi futile
Fut-elle
C’est elle qu’il aime...



Refrain

Et sûre d’elle
Elle joue elle gagne
A pile ou face
Ca lui est égal
A face épile ses souvenirs
A pile efface de sa mémoire
Celui qui l’aime...




Et elle sait qu’il
Bien des séquelles
Gardera-t-il
En tant que telles
Elle qu’il aime...

A bout d’cœur il
Part en querelles
C'est bien puéril
Mais c’est pour elle
Elle qu’il aime...

Refrain

L’amour s’en mêle
Et pour cent mille
Baisers de sel
Elle est docile
Elle qui l’aime

Dans sa chance il
Sait qu’elle chancelle
Ce sera « pile »
Pour un rappel
Eux qui s’aiment


© Bruno Forêt

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LIB.RT.

No futur © Bruno Forêt








































Merci à ceux qui ont donné (de) leur voix, sans eux, je serai encore muet.
Merci à ceux qui ont osé (se) manifester, sans eux, je serai encore sourd.
Merci à ceux qui ont (ré)clamé la lumière, sans eux, je serai encore aveugle.
Merci à ceux qui espèrent, sans eux, je serai déjà mort.

N'oublions jamais que la liberté n'est pas qu'un mot...



Musique : "Citizen Erased", Muse (Origin of symmetry)

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Ombres

Tombeau © Bruno Forêt

Parce qu'il y a des ombres qui ne disparaissent jamais…
Celles des tombes du vieux cimetière Saint-Vincent, au pied de la Butte Montmartre, où les anges se reposent auprès des croix hosannières…
Celle de Peter Pan, oubliée un soir chez Wendy, et vaillamment recousue à ses pieds avant qu'il ne prenne son envol vers le pays des enfants perdus…
Celles que les chapeaux de cow-boy dessinent sur les visages de deux hommes, masquant pour un temps leurs regards troubles et attachants…
Celles de ce dimanche gansé de froidure, où mes pas ont croisé ceux du capitaine Crochet au théâtre des Variétés, où mes mains ont caressé les ailes d'albâtre des anges gardiens de nos cendres, où mes yeux ont pleuré sur le destin défait des âmes en peine de Brokeback Mountain.
Il y a des ombres éternelles.



Musique : "A la vie à la mort", de René Aubry (Killer Kid)

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Photo du soir...

Rémanence montmartroise © Bruno Forêt

Dimanche... 2h30...
Dans la série des photos sans article, ou plus exactement des articles imagés, voici encore une vue de Montmartre nimbé de brume hivernale.
Avant de retrouver mon lit et la couette que je vais prendre un malin plaisir à réchauffer, avant de retrouver les âmes visiteuses de mes rêves, je dépose dans ma bulle cet "instantané" vaporeux.
Que vos nuits soient aussi douces que la caresse prégnante de ces lumières déliquescentes.









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Clouds on the world

Nuages de béton © Bruno Forêt

L'un des petits bonheurs fugaces que j'éprouve lorsque je termine la lecture d'un bouquin, c'est la perspective d'en commencer un autre. N'y voyez pas l'expression d'une boulimie non refrénée mais plutôt la recherche de ce frisson intense mariant plaisir et curiosité. Croiser d'autres regards, mêler d'autres destins au mien, m'enivrer de mots, me balader à l'orée d'un autre imaginaire. C'est l'exaltation des sens qui guide mes doigts vers de nouvelles pages à effleurer.

Comme pour le cinéma, en matière de littérature, j'ai des goûts plutôt éclectiques, détestant définitivement le cloisonnement, les ghettos (intellectuels ou autres), et la dictature de l'Unique-Savoir-Aimer. Seule l'émotion façonne mon jugement.
J'ai donc tourné hier soir la dernière page du livre de Stephen Baxter, "Evolution" (un gros pavé de science-presque-fiction assez étonnant) et j'ai hésité longuement sur le prochain ouvrage qui allait m'accompagner lors de mes trajets quotidiens, lors de mes soirées pause-lecture. Finalement, "La petite fille de Monsieur Linh" de Philippe Claudel est allée se reposer sur mes étagères le temps pour moi de regarder par les fenêtres du "Windows on the World" de Frédéric Beigbeder. Je n'ai jamais rien lu de cet auteur, ma connaissance du personnage se limitant à ses apparitions médiatiques un peu fumeuses et à sa plume décalée dans l'inénarrable "Voici". Rien de bien transcendant à vrai dire.
La tragédie du 11 septembre 2001 étant encore une plaie douloureuse en moi (ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas moi-même), j'ai picoré, un peu perplexe, les citations distillées au début du roman. Pourtant, dès les premières pages, je fus happé par le style, l'intelligence, et la justesse des mots. Déjà, la rémanence de quelques phrases vient imprégner mon esprit de sensations diffuses. Je ne pourrais vous en dire plus, puisque je m'éveille à la lecture de ce livre. L'ayant refermé ce matin sur ces vers d'un poème de Whitman, je tenais à les partager avec vous :
"Nuages je suis monté au milieu de vous pour me rendre aux continents lointains et descendre avec vous, en pluies précises,
Souffles du vent j'ai soufflé en même temps que vous,
Et vous, vagues, semblablement j'ai caressé avec vos doigts liquides les rives les plus reculées,
J'ai parcouru la route que parcourent toutes les rivières, tous les canaux du globe,
Je me suis tenu debout au promontoire des péninsules et depuis les hautes tables rocheuses j'ai crié :
Salut au monde !"

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Fleurs de rues

Fleurs de rues © Bruno Forêt

Sous la ville bouillonnante, perdues dans le brouillon de cultures, vivent et meurent les fleurs de pavés. Grimpantes, rampantes, tout simplement captivantes elles s'ouvrent à nos pieds mais se cachent à nos yeux. C'est uniquement par le truchement d'un appareil photo qu'elles pavoisent, pavots des cités parées d'organza ou de fer, amaryllis amoureuses de leur gangue asphaltée.

A trop manquer de lumière elles en deviennent éphémères mais sur leurs supports, suicidées de terre, elles résistent un peu et surtout prolifèrent.
Lucides elles se fondent, translucides, dans la fronce étiolée de nos rues dallées.

Il fut un temps où je recueillais, ici ou là, les images fleuries de ce Paris quasi invisible. Il fut un temps où je cultivais de tendres pensées, dévidant au hasard mon fil d'Ariane dans ce labyrinthe poétique et urbain.
Je me voyais fleuriste en ce jardin extraordinaire.

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Mille et une raisons

Monoduel © Bruno Forêt

Parce qu’au souv’nir je m’hypnotise
Parce que sans vous je m’insomnise
Parce que mes yeux se sont cernés de vide
Trop avides
De vos cieux
A vous...

Parce que le "vous" est immobile
Parce qu’avec vous je m’infantile
Parce que nos jeux se sont cernés de rides
Trop arides
Qu’avons nous fait de nos aveux...
J’avoue
A vous...

Refrain

Je trouverai mille et une raisons de rompre
Mille et une raisons d’avoir à vous dire que
Je fuis le désir…
Vous mentir
Me trahir
J’inventerai mille et une raisons qui comptent
Mille et une raisons de voir s’enfuir à jamais
le plaisir
Vous trahir
Me mentir…

Parce que vos lèvres sont indécises
Parce que sans elles je m’invisible
Parce que mon "je" s’est brûlé bien trop vite
Las, j’évite
Tout enjeu
A vous…

Parce que je crois à vos dérives
Parce que sans cela je m’impulsive
Parce que le feu s’est joué de nos mérites
Là, j’hérite
De la violence de nos aveux…
J’avoue
A vous…

Je trouverai mille et une raisons de rompre
Mille et une raisons d’avoir à vous dire que
Je fuis le désir…
Vous mentir
Me trahir
J’inventerai mille et une raisons qui comptent
Mille et une raisons de voir s’enfuir à jamais
le plaisir
Vous trahir
Me mentir…


© Bruno Forêt
Chanson écrite fin 1999, dédiée à Jean-Rémy en hommage au livre de Hugues Royer,
Mille et une raisons de rompre.

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Photos de janvier (2006)

Retrouvez ici la sélection de photos illustrant mes articles du mois de janvier

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En piste

Bzzz © Bruno Forêt

Sur le fil de ma vie j'avance, tel un funambule, par petits pas posés-glissés l'un devant l'autre. Dans l'abîme que je traverse, protégé de l'abyssale nuit par un faisceau lumineux enrubannant le présent, s'enténèbrent ce qui fut et ce qui sera. Au delà des frontières floues dessinées par ce rayon salvateur me parviennent les voix éthérées de ceux qui suivent ma lente progression. Le souffle coupé, retenu, j'effleure vos respirations de l'ourlet de mes lèvres.
Elles m'apaisent, m'allègent, me portent.
Dans l'air pesant que mon corps dérange flottent des particules de poussière, s'embrasant brièvement, scintillant ardemment au gré de leurs errances. Cet apocryphe plancton aérien m'accompagne depuis toujours, signant de ces arabesques aléatoires de douces rêveries dans la marge de mes jours.
Plus d'une fois, sous mes pieds, le fil a vibré. Plus d'une fois, mes jambes mal assurées ont amplifié la pulsation jusqu'au danger, jusqu'à tomber. Mais à chaque fois j'ai retrouvé l'équilibre, attentif au battement sourd palpitant faiblement au sein du câble tendu. Aujourd'hui, je fais une pause. J'attends que ma vie se déleste des troubles qui la gênent. J'attends de retrouver une stabilité éphémère mais concrète. Et puis je reprendrai ma marche feutrée d'homme-funambule, vers le mur opaque et invisible qui me fait face, vers l'avenir, pour faire, moi aussi, mon dernier tour de piste.

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