giorgino

Tempête

Tempete © Bruno Foret

Quand l'orage fronce l'écume de l'océan et que le vent égrène l'épiderme des plages, quand le ciel s'étiole et qu'un nuage protéiforme vient faire pleuvoir la nuit sur terre, mes yeux contemplent l'ouvrage de la nature avec respect et émerveillement. J'aime ces moments suspendus hors du temps, à la limite du silence et du vacarme, quand les oiseaux désertent leurs chants et que le tonnerre frappe la quiétude comme un fouet claquant le flanc d'un cheval galopant.

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Retour

Moutons © Bruno Foret

Aucun rapport entre ma photo et cet article (quoi que... il doit être possible de trouver des liens entre mon retour sur ce blog et ces moutons tout emmaillotés de laine). Pourquoi une si longue absence ? Les raisons sont multiples… Tout d'abord, je suis un être qui doute, en permanence… Parfois je balaies ces doutes d'un revers d'énergie, parfois il me faut du temps, beaucoup de temps, pour que ma réflexion s'imprègne de mes émotions, pour que les choix que je suis amené à faire soient mûris et non pas subis. Il y a peu, je me suis retrouvé au cœur d'une tempête. Tempête dans un verre d'eau, tempête dans un esprit fatigué. Je me suis demandé quelle pouvait être l'utilité de cette "impudeur" intrinsèquement liée aux blogs, pour quelles raisons le plaisir d'écrire devenait contrainte. D'autres amis bloggeurs ont partagé ces doutes (Laurent, Suzette, Buzz…). Puis la vie, celle qui se joue loin des écrans et des claviers d'ordinateur, m'a "rattrapé". La santé toujours en berne, j'ai fini par contempler le temps qu'il reste allongé sur un lit d'hôpital. Je n'en dirai pas plus, c'est déjà trop.
Si j'ai choisi de revenir, c'est que j'ai finalement compris que j'étais seul maître à bord, qu'il m'appartenait de faire de ce blog ce dont j'ai envie qu'il soit, avec ses plages de silence, ses zones d'ombre et de lumière. Je suis libre de donner ou non à cet "espace" la saveur d'un journal intime. Rien ne saurait m'obliger à prendre une direction rédactionnelle que je ne voudrais pas suivre. Cette compréhension tardive peut vous paraître idiote, mais c'est pour moi le constat qu'il n'est jamais trop tard pour "s'écouter" un minimum, chose que je fais finalement trop rarement…

En conclusion de ce nouveau départ, plus serein, j'ajouterai juste que je suis heureux de vous retrouver.

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Photos de mars (2006)

Retrouvez ici la (petite) sélection des photos illustrant mes articles du mois de mars.

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Prières naturelles

Prières naturelles © Bruno Forêt
Griffant les nuages de leurs doigts décharnés, les arbres semblent prier le ciel.
Qu'un soleil timide point le bout de son nez et c'est toute une vie qui réapparaît.

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Stupid Girls

Merci à Sté d'avoir partagé avec moi une franche rigolade en me faisant découvrir le nouveau clip de la chanteuse Pink : "Stupid Girls".
Avec son sens aigu de la provocation, un bon dosage d'ironie et des paroles percutantes, Pink balance sa verve satyrique sur ces starlettes bimbo-siliconées-lobotomisées qui pullulent en ce moment dans le milieu du show-biz.
Je ne sais pas pourquoi, mais ce clip me fait penser à la belle époque des vidéos des années 80 ("je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…").
Bref, dans notre monde de plus en plus aseptisé, les coups de pied dans une fourmilière bien formatée sont toujours salutaires. Merci miss Pink.
Fais un p'tit clic ici, et la vidéo cherra.

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Phrase la plus bête du jour...

Entendue il y a à peine 10 minutes, sur France 2... Cette réplique est la première phrase du film DareDevil :
"Il parait que l'on voit défiler toute sa vie quand on meurt. Et bien c'est vrai. Même quand on est aveugle."

Wow, merci messieurs les dialoguistes. Sans vous, j'ai bien failli m'endormir idiot ce soir. Je croyais naïvement que les aveugles n'avaient pas d'images "mentales", qu'ils ne faisaient pas de rêves, n'avaient pas de souvenirs... Pfiou, quelle révélation !
Je n'ai jamais vu DareDevil mais je pense que je vais veiller un peu, histoire de guetter d'autres perles du genre. Je ne sais pas, peut être vais-je en apprendre un peu plus sur les non-voyants (à défaut de le devenir moi-même devant un tel spectacle).

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Parure de Velours

Vague © Bruno Forêt

Je briserai demain ces oiseaux de malheur
Qui arrachent à mon âme des sanglots de douleur
J’emporterai bientôt ces haillons de douceur
Qui recouvraient ma vie avant que tout ne meurt.

Je glisserai l’épée gravée à mon destin
Dans le berceau creusé aux formes de tes mains
Je t’offrirai ma chair aux derniers goûts salins
Sur les rochers taillés aux courbes de tes seins.

Je laisserai au creux de ton intimité
Une petite pluie chargée de toutes nos volontés
Cette petite mort connue sous le nom de péché
Te guidera vers moi quand poussière je serai.

A l’aube d’un nouveau jour, l’amour sur un ourlet
D’une parure de velours laisse son fil doré.
Ne gardant que l’esquisse du patchwork de nos vies
En nos deux coeurs il tisse un tout nouvel habit.

© Bruno Forêt
Un vieux texte qui devrait faire plaisir au Tof-fou.

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Le projet Laramie

Matthew Shepard

Il est parfois très difficile de dire à un ami comédien "Bravo, c'était très bien" à la fin d'une représentation théâtrale. Soit la pièce fut mauvaise et notre conscience balance entre l'aveu de la terrible vérité ou l'affichage d'un sourire hypocrite de circonstance, soit le sujet traité, grave et poignant, basé sur des faits réels, se prête mal à de telles effusions. Ce fut le cas hier avec Le projet Laramie, de Moises Kaufman, qui se joue actuellement au Vingtième Théâtre à Paris.
Cette pièce relate les faits qui ont conduit au meurtre de Matthew Shepard, jeune étudiant gay de 21 ans. Petit retour en arrière : le 12 octobre 1998, après plusieurs jours de combat entre la vie et la mort, Matthew Shepard décédait dans sa chambre d'hôpital, devenant pour de nombreuses personnes le symbole de l'homophobie. Enlevé, torturé et massacré par deux imbéciles qui n'aimaient pas les pédés, ce meurtre avait ému l'Amérique.
Se rendant à Laramie, petite bourgade du Wyoming d'où étaient originaires le jeune étudiant et ses deux assassins, Moises Kaufman et sa troupe entreprirent de recueillir les témoignages d'habitants, d'amis, de prêtres, de fermiers, de professeurs,… afin d'en faire une pièce intitulée "Le projet Laramie".
Créé pour la première fois en France, sobrement interprété et mise en scène, ce "documentaire théâtral" invite chacun de nous à se poser des questions sur l'intolérance et le respect de l'Autre. Vêtus de noir, sur un plateau quasi nu, les dix comédiens évoluent, prêtant leur voix aux multiples personnages, composant une musique aux tonalités changeantes, souvent dérangeantes tant les propos ordinaires dont ils se font écho sont chargés de haine latente, d'incompréhension, d'indifférence, de peurs et de doutes aussi. Ils sont le kaléidoscope d'une Amérique profondément ancrée dans ses paradoxes, pleurant son enfant mort sur l'autel de la bêtise et s'apprêtant à envoyer sur la chaise électrique deux autres gamins. Sans juger, sans prendre parti, Le projet Laramie nous confronte au "Vrai", à la réalité de notre dualité, à cette inhumanité cachée au cœur de l'Humanité.
Sur deux écrans placés en hauteur, des vidéos, magnifiquement traitées, viennent souligner sans les appuyer les moments forts de la pièce, notamment lors de l'émouvante scène de l'enterrement : des flocons de neige tombent dans le noir tandis que les dates de naissance et de mort de Matthew Shepard griffent les écrans. Sur le plateau, les parapluies brandis par les comédiens dessinent une ligne brisée que vient recouvrir une lumière spectrale. Le cœur se serre. Et c'est sur le souvenir de la chanson "Amazing Grace", interprétée a-capella par Liza Michael, que mes larmes glisseront.
Il est parfois très difficile de dire "Bravo c'était très bien"… C'est pourtant ce que j'avais envie d'écrire aujourd'hui, à Cyril Romoli, l'un des comédiens, et à toute la troupe qui l'accompagne.

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Relativité...

Nature © Bruno Forêt



S'allonger à même le sol, frissonner aux caresses du vent; loin des tourments des hommes se sentir encore un peu vivant.
Et sourire sans réserve devant toutes leurs turpitudes car l'ombre sera pour tous, c'est bien là l'unique certitude.

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Self Control

Corrida © Bruno Forêt





















Ne pas s'énerver, rester Zen, vaille que vaille… Ne pas sauter au plafond quand Gilles de Robien, recevant dans sa mairie deux étudiants opposés au blocus de leur fac, déclare devant les caméras d'Envoyé Spécial : "Vous voyez, il y a quand même des étudiants qui souhaitent travailler et réussir leurs examens"…
Mais bien sûr ! Puisque monsieur De Robien aime les raccourcis, j'espère qu'il trouvera bien vite celui de la sortie… Comme si tous les étudiants bloquant les facs, concernés par les décisions unilatérales de nos politiques et surtout inquiets pour leur avenir, n'étaient que des fainéants, irresponsables et désireux d'échouer à leurs exams…
Pfff…
Ne pas s'énerver, rester Zen, coûte que coûte… Ne pas s'expatrier immédiatement en Australie face à l'arrogance et la mauvaise foi affichées par nos Elus… . Est-ce que le CPE respecte le droit international ? Le conseil constitutionnel, lui, a tranché : il considère qu'il "ne lui appartient pas" de vérifier la "conformité" d'une loi française avec les "engagements internationaux"…
Ben voyons ! Heureusement que nos Sages sont sages, sinon ils seraient vraiment cons.
Pfff…
Ne pas s'énerver, rester Zen, grrrrrr que grrrrrr… Ne pas péter un plomb à la lecture d'un article dans 20 minutes, ce matin. Un travesti italien va devenir, prochainement, député européen. Et qu'en pense Alessandra Mussolini, petite fille de… ? "Mieux vaut être fasciste que pédé"… Argh
C'est c'la oui ! Mieux vaut être sourd, aveugle, cul-de-jatte, pédé, noir, juif, musulman, étudiant, travesti, trisomique, fan de Mylène Farmer, Jean Passédé Méyeur... que "petite fille de" !
Nan mais, fallait pas m'énerver…

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Lettre capitale

Evasion © Bruno Forêt

Adieu Paris.
A pas feutrés je m'en vais. Je te laisse à tes dérives… Le temps d'une semaine je vais noyer mon regard dans d'autres horizons que les tiens. Après l'asphalte de tes rues je vais prendre un malin plaisir à fouler la terre encore gelée des sentiers forestiers. Tu te joues de mes départs car toujours, tu sais que je reviens. Mais méfie-toi, un jour je pourrais bien filer définitivement d'entre tes doigts. Un ailleurs se dessine, une autre ville se profile.
Pour l'instant, l'heure est aux retrouvailles avec les miens. J'ai tant de sourires à emmagasiner, tant d'amour à recevoir et à donner. Je me réjouis déjà des longues balades avec mes parents, des bisous câlins mutins avec ma filleul, de la tranquillité et la simplicité qui va sourdre de ces jours. Ne t'en fais pas, je vais bien en profiter.
A mon retour, La Bestiole sera prête à faire vibrer sa corde sensible à La Maroquinerie, mon super Tiramisù réveillera bien des papilles et mes mots ne seront qu'amour et tendresse.
Adieu Paris. Je te quitte pour mieux te retrouver.


"Wise up", Aimee Mann (BO Magnolia - Paroles & musique : Aimee Mann)



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Monstre

Monstre © Bruno Forêt


Je rêve… Sous mes paupières closes se dévide l'écheveau de mes songes… Au fur et à mesure qu'ils se déroulent, je les perds, les oublie déjà… Enveloppé dans le cocon douillet de la nuit, je bouge à peine. Soudain, le fil se brise. Piqué par l'aiguille d'un cauchemar fulgurant j'ouvre les yeux et je tombe sur ça (photo). A quelques centimètres de moi, un géant monstrueux me guette, impassible, le profil de son visage emplissant mon champ visuel.
Mouvement de recul immédiat. L'espace d'une seconde, encore englué dans les limbes de mes visions cauchemardesques, j'envoie valser la couette pendant que le cri qui sort d'entre mes lèvres achève de me réveiller. La seconde d'après, le cœur enclume percutant ma poitrine, je réalise qu'il s'agit d'un tas de vêtements, jetés négligemment la veille sur le tabouret trônant à côté de mon lit.
Bien fait, ça m'apprendra à ranger.
N'empêche, je déteste ces réveils mâtinés de terreurs "enfantines". Et quoi que je fasse, ces monstres viendront toujours squatter les recoins de ma chambre, n'attendant que l'association improbable d'objets anodins pour revêtir leur apparence malveillante.

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Ces bidules qu'on adore

Nohohon

Voici mon nouveau compagnon. Il s'appelle Nohohon.
Venu tout droit du Japon, il a peut-être l'air un peu con mais moi je le trouve mignon.
Lentement, lorsque le jour paraît, sa bille de clown commence à dodeliner. De l'aube au crépuscule toujours elle bascule. Puis, quand vient le soir, à l'heure où je dois plier bagages et retourner dans mes pénates, monsieur Zen cesse de s'agiter.

Je me méfie des frustrés (encore eux) car, à n'en pas douter, je fais des envieux. Tranquillement installé sur mon bureau, petit bonhomme se ferait bien kidnapper par mes collègues enamourés. Mais rien n'y fait. Sa décision est sans appel : Nohohon me restera fidèle.


"Chanson pour les taupes", Maurane (Une fille très scène - Patrick Sébastien / Valérie Lagrange)



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Les frustrés

Paf © Bruno Forêt

Il est de ces gens, nombreux, très nombreux,
Qui ont sur la vie un regard anxieux…
L’un est malheureux d’avoir succombé
Aux charmes d’une autre bien qu’il soit marié…
Après des années à tant refouler
Il vient compléter le rang des frustrés…

Refrain

Les frustrés… Ca se prolifère
Du cocu... Au célibataire
Les frustrés… Ca paraît sincère
Mais dans l’dos… C’est langue de vipère :
"Tout s’rait différent avec plus d’argent
Plus que le voisin qu’en méritait moins
Avec plus d’amour, on pourrait toujours
Faire crever d’envie tous les vieux amis
Et pour vivre heureux, ça vaudrait bien mieux
D’être le frustrant pour les autres gens"

Il est de ces gens, nombreux, si nombreux
Qui ont sur la vie un regard envieux
L’une se voyait star, croyait sans malice
Pouvoir embrasser le métier d’actrice…
Ce fut le "métier" qui vint la baiser
Plus qu’un rôle a jouer : celui de "frustrée"

Les frustrés… Ca se variétoche
Sam’di soir… Devant la téloche
Les frustrés… Ca fait du cinoche
Juste pour dire... Que le monde est moche :
"Tout s’rait différent avec plus d’argent
Autant que Foucault, qu’a dû toucher tôt
Avec plus d’amour, on pourrait toujours
Faire à chaque sortie la une de Voici
Et pour vivre heureux, ça vaudrait bien mieux
D’être en permanence sous les feux d’la rampe"

Il est de ces gens, nombreux, trop nombreux
Qui ont sur la vie un regard haineux
Ils ont le front haut mais les idées basses
Entre F et N, le I les menace
Même s’ils font du pied à ceux d’à côté
Sur leur pédigré est écrit "frustré"

Les frustrés… Ca se politique
Pour chasser... Tous les mauvais tics
Les frustrés… Ca croit à l’éthique
D’une seule voix... Peu démocratique :
"Tout s’rait différent avec plus d’argent
Toucher si besoin plus de pots de vin,
Avec plus d’amour, on pourrait toujours
Repeuplé le monde de la race blonde
Et pour vivre heureux, ça vaudrait bien mieux
De faire de la France l’unique préférence"


© Bruno Forêt

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Le visage de La Bestiole

Comme promis dans mon billet précédent, voici la vidéo de la première prestation télé de La Bestiole... Laissez-vous gratter le "do", c'est si bon ;-)

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