Pour cette nouvelle année, je voulais écrire un article magnifique en hommage aux petits bouts de chou qui m'entourent, ces bébés câlinoux tout doux pour lesquels je serais prêt à vendre mes veaux, vaches, cochons si j'en possédais.
Comme d'habitude, assis devant ma feuille blanche, je me préparais psychologiquement à livrer ma tirade, tranquille, l'air songeur, mâchouillant ostensiblement un vieux bic érodé par les puissantes incisives de ma réflexion. J'ambitionnai de placer quelques rimes bien senties, de travailler les mots au corps accords, histoire d'en sortir la substantifique moelle. Ma soif d'ivresse littéraire et mon appétence de somptuosité étaient telles que je voyais déjà couler les larmes des lecteurs ébahis. Quelques mots commençaient à peine à germer en moi quand, tout à coup, une idée me frappa. Saisi par la douleur d'une telle intervention neuronale dans ma rêverie pré-rédactionnelle, je m'exclamai tout haut : "Bon sang, mais c'est bien sûr !"
Pourquoi n'y avais-je pas songé plus tôt ? Comment aurais-je pu décrire en quelques lignes l'immensité des sentiments qui fleurissent en moi quand je pense à ces bébés ? Comment aurais-je pu exprimer tout ce que je ressens au travers de mots imagés, de phrases calquées au lyrisme de mes pensées ? L'évidence me sautait aux yeux : je devais rester humble, simple et direct.
La stupeur passée, je me débarrassais prestement du vieux bic soulagé d'échapper au triste sort de finir en chewing-gum et me jetais sur mon blog, n'écoutant que ce désir soudain d'écrire sans relire, de délivrer les mots du carcan de la raison. Voici donc, ma Juliane, ma Lina, Anna et p'tit Kevin, le discours sans flonflons ni fioritures que je vous adresse.
Je vous aime tout simplement, grand comme ça, comme la terre entière, plus grand encore même, comme un tonton ou un parrain peut aimer. Il y a dorénavant plus d'un soleil dans ma vie et dans mon ciel. Vous êtes ma constellation nouvelle. C'est vous, aujourd'hui, qui faîtes tourner ma planète... Vos gazouillis me font guili-guili dans l'âme et vos petits mots-bulles m'enivrent de joie-champagne ! J'aimerais tant noyer l'éternité dans les océans que vous avez au fond des yeux. Candide, mon cœur se barre en sucette quand vous le saupoudrez de vos rires sucrés. Vos petits pas chassés-tombés font chuter là, sur le pavé, toutes mes incertitudes et mes peurs d'homme. Je vous aime sans concessions, sans tous ces masques que nous mettons. Avec vous, pas la peine de faire semblant, la vie devient simple comme un jeu d'enfant. Mes mots d'adulte ne sont pas plus beaux ni plus sacrés que ceux d'un autre, mais ce sont ceux que je vous donne, faîtes-en donc une farandole, de drôles de colliers perlés en somme que vous pourrez faire rebondir sur le sol.
Amusez-vous et dormez bien, car même si je suis loin, je veille sur vous de tout mon coeur et puisse mon amour, c'est certain, illuminer vos chemins.
Je vous aime, tout simplement.
Bruno