giorgino

Journée en pointillés

Brouillard brouillon © Bruno Foret

Réveil tardif - petit-déjeuner multi-confituré – machine à torturer les muscles endoloris (comprendre, vélo elliptique) – douche tiède pour reposer muscles torturés – métro – montage, dépannage, bidouillage, filmage du spectacle de SATIE – démontage – resto – verre(s) de vin rouge – tartare de bœuf (my precious) – blabla entre amis – métro – photos dans le brouillard (et dans le froid) – maison – fatigue prenante, écriture fainéante - dodo.

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Ronronner au soleil...

Siesta © Bruno Foret

J’ai comme envie de ronronner, de m’étaler sur le pavé, de m’étirer sans traits tirés et de me laisser dorloter. J’ai comme envie d’une pause thé, de pommes caramélisées, de cannelle, d’anis étoilé et d’un bon feu de cheminée. C’est un samedi "goûtés d’automne", chocolat chaud et bain moussant, sieste d’été sous couette chauffée, samedi paresse pour disparaître.
J’ai comme envie de Casimir, de Goldorak et de Candy, je m’en fous si c’est pour les filles, j’ai juste envie de ne plus grandir. C’est un samedi "crayons de papier", légos et voitures téléguidées, bêtises assurées pas assumées, samedi gamin pour grand dadais.
J’ai comme envie de bonne musique, de me soigner à la rythmique, Manu Chao antibiotique ou Kate Bush anxiolytique. C’est un samedi "piano voilé", jazz à gogo, Bach ou tango, sensations pianissimos, samedi "Vivas" pour Vivaldi.

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Un mot

Phare © Bruno Foret

Résister… Puiser ses dernières forces dans le puits asséché de la raison. Ecrire, quoi qu’il advienne, pour ne pas sombrer davantage. Dompter le cœur, cheval sauvage, que ne rassurent ni les caresses ni la rudesse. Fouiller l’espoir, même si les mains, rongées par la rouille du chagrin, semblent creuser en vain.
Résister… N’offrir à la faiblesse, éternel mendiant, qu’un fragile oripeau. Garder pour soi le lin, le chanvre et le coton, la toile brute pouvant encore protéger l’âme moribonde. Vivre pour renaître un jour. Se souvenir que l’oubli peut parfois apaiser et guider l’homme égaré, comme un phare dans la tourmente.
Résister… Percer les bulles d’humour venant dissoudre l’arc-en-ciel irisé de leur délicate enveloppe à l’angle des yeux. Croire férocement que dans l’humus de l’amertume, de la souffrance et du déséquilibre peut germer la douceur, l’innocence et la paix. Résister… Aimer, partager, et finalement se repaître de vos mots glanés ici, petites perles de bonheur.

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Des illusions illusoires

Bzzz © Bruno Foret

Difficile «d’être» quand, seconde après seconde, la douleur enfle, se matérialise, devient sang à la place du sang, corps à la place du corps... L’esprit s’emmêle en même temps. Pas grand chose à faire sinon d’attendre, encore, que la vie se libère, que l’énergie circule de nouveau.
Je m’accroche, j’essaye de tenir le coup, je n’ai d’autre pensée qu’une guérison improbable. Dans mes veines coule désormais un fluide acide, un poison mortifère coagulant peu à peu ma volonté de vivre. L’hémorragie est inévitable. Mes passions, mes envies, mes plaisirs ont déserté mes artères et les mots, dont la mécanique simple articulait mes jours, se sont disloqués. La concentration, l’écriture, la parole même, tout s’est dérobé, escamoté, rogné. Depuis je recolle des fragments de moi.
Pourtant, ce début de blog est une victoire en soi. Il y a quelques mois, j’aurais été incapable d’aligner deux phrases cohérentes, et le fait d’accoucher d’une seule ligne de texte m’aurait fait souffrir le martyr. J'ai voulu fuir ce qui peu à peu me tuait, comme si la fuite ne donnait plus de corps à la douleur qui s'installait. Mais ce n'était qu'illusion. La douleur est restée, s'est nourrie de ce qui me constituait depuis toujours, ma pudeur, mes peines, ma fragilité.
Pour me sortir des machoires de l'étau, j'ai déposé ma souffrance sur le carrelage aseptisé d’une clinique privée. La médecine a vite collé ses étiquettes sur mon cas, et à coup de traitement on «m’illusionne». Merci, je vais mieux. Mais dans le fond, suis-je dupe ?

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A sky of honey

Un ange en concert © Bruno Foret

Un ange passe… Le ciel est beau en cette fin d’après-midi. Le soleil, déjà bas, joue à cache-cache derrière des nuages véloces. Autour de la pointe des arbres, se découpant en ombres chinoises, les silhouettes graciles des éperviers s’élancent dans une course folle. Immédiatement, je songe au nouvel album de Kate Bush, "Aerial". Quel bonheur de vivre une musique, de la toucher, de la sentir. J’écoute en boucle le deuxième CD.
Mes pas, ma respiration, mes pensées se calent sur les notes de musique. Au loin, les oiseaux répondent aux rires de Kate Bush. Un dialogue se noue. J’aimerais avoir des mots chantants pour prendre part à la conversation, mais je n’ai que des mots atones. Alors je me fais silence pour ne pas déranger l’instant fragile. J’écoute…




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Humeur changeante...

S... © Bruno Foret

Il est des jours où l'envie de travailler est - comment dire – quasi inexistante. Je regarde par la fenêtre le ciel enrubanné de longs nuages gris s'allongeant sur le drap automnal des arbres majestueux. De mon bureau, je peux contempler à loisir le yin et le yang de notre vie « moderne », d'un côté la forêt de vieux chênes embrasant le parc de Saint-Cloud et de l'autre, celle des immeubles monochromatiques de Paris. Il me suffit pour cela de pivoter sur mon fauteuil-high-tec-ultra-perfectionné-multi-positions. D'un quart de tour, je passe de Marie-Antoinette à Bertrand Delanoë. Pas mal, non ?
Pour ne pas culpabiliser, je vais cesser mes rêveries et replonger dans la lecture ô combien passionnante du manuel d'utilisation de Norton Antivirus Corporate Edition... 350 pages en anglais ! Mon enthousiasme égale en intensité la clarté blafarde de ce ciel cotonneux. Pour me consoler, je me dis que je serais bientôt stoppé net dans ma tâche par l'arrivée discrète de Claudine, ma collègue très certainement déjà affamée. Midi approchant, je vais de ce pas me Shakespeariser et reprendre ma perfide lecture. Et si le coeur m'encourage à vagabonder, plutôt que de laisser la torpeur me gagner je m'amuserai avec l'outil informatique. De ma palette graphique je déposerai les nouvelles teintes de ce petit blog sans prétention... See you soon.

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