giorgino

Monstre

Monstre © Bruno Forêt


Je rêve… Sous mes paupières closes se dévide l'écheveau de mes songes… Au fur et à mesure qu'ils se déroulent, je les perds, les oublie déjà… Enveloppé dans le cocon douillet de la nuit, je bouge à peine. Soudain, le fil se brise. Piqué par l'aiguille d'un cauchemar fulgurant j'ouvre les yeux et je tombe sur ça (photo). A quelques centimètres de moi, un géant monstrueux me guette, impassible, le profil de son visage emplissant mon champ visuel.
Mouvement de recul immédiat. L'espace d'une seconde, encore englué dans les limbes de mes visions cauchemardesques, j'envoie valser la couette pendant que le cri qui sort d'entre mes lèvres achève de me réveiller. La seconde d'après, le cœur enclume percutant ma poitrine, je réalise qu'il s'agit d'un tas de vêtements, jetés négligemment la veille sur le tabouret trônant à côté de mon lit.
Bien fait, ça m'apprendra à ranger.
N'empêche, je déteste ces réveils mâtinés de terreurs "enfantines". Et quoi que je fasse, ces monstres viendront toujours squatter les recoins de ma chambre, n'attendant que l'association improbable d'objets anodins pour revêtir leur apparence malveillante.

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Ces bidules qu'on adore

Nohohon

Voici mon nouveau compagnon. Il s'appelle Nohohon.
Venu tout droit du Japon, il a peut-être l'air un peu con mais moi je le trouve mignon.
Lentement, lorsque le jour paraît, sa bille de clown commence à dodeliner. De l'aube au crépuscule toujours elle bascule. Puis, quand vient le soir, à l'heure où je dois plier bagages et retourner dans mes pénates, monsieur Zen cesse de s'agiter.

Je me méfie des frustrés (encore eux) car, à n'en pas douter, je fais des envieux. Tranquillement installé sur mon bureau, petit bonhomme se ferait bien kidnapper par mes collègues enamourés. Mais rien n'y fait. Sa décision est sans appel : Nohohon me restera fidèle.


"Chanson pour les taupes", Maurane (Une fille très scène - Patrick Sébastien / Valérie Lagrange)



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Soutenance

Une date : aujourd'hui…
Une heure : 14 heures…
Deux petits chiffres, ça ne représente rien, mais parfois ça se charge de sens, de stress ou d'espérances. Deux petits chiffres…
D'abord le "1", chiffre souverain, puis le "4" exprimant la symétrie, la forme du carré…
J'arrête là ma pseudo numérologie…
Ces deux chiffres, j'espère, vont porter chance à Sté qui présente aujourd'hui la soutenance à blanc de son mémoire. Mais vu la qualité de son travail, je suis sûr que la chance n'aura même pas besoin de pointer le bout de son nez (qu'elle a fort joli d'ailleurs).

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Ailleurs

Variations sur le canard © Bruno Forêt

Je suis venu vous dire que je m'en vais
Et vos larmes n'y pourront rien changer
Comme dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
Je suis venu vous dire que je m'en vais
Je suis bien sur mabulle
Mais j'm'en vais
Je gigote, je papote
Mais bientôt va sonner l'heure
D'un voyage programmé
Oui je suis au regret
De vous dire que je m'en vais
Oui je suis bien, oui, mais…

Mais Paris souvent me pèse, et l'envie d'aller me faire voir ailleurs m'interpelle. Sans autre bagages que mon appareil photo et quelques défroques de rechange, je m'en vais retrouver des amis dans une ville un peu plus tranquille, revoir un môme qui pisse dans une fontaine et une Grand Place tout en dentelle. Pendant 5 jours je vais balader mon regard et mes envies dans les quartiers vivants de Bruxelles…

Je suis venu vous dire que je m'en vais
Mais je reviendrais
Promis
Vous embêter

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D'autres mondes

Feuilles © Bruno Forêt

Il y a comme de la spiritualité dans l'air…
C'est étonnant : lorsque la vie (ou le Grand Destin Cosmique, que sais-je ?) a décidé de vous mener là où elle le souhaite, elle met en œuvre un habile jeu de simili-hasards vous entraînant inéluctablement vers un seul but. Depuis quelques temps se tisse autour de moi un réseau de rencontres, de découvertes, d'actes qui invariablement me mènent vers un "éveil" spirituel. J'en parlerais certainement plus longuement une autre fois, ou plutôt je distillerais quelques informations éparses au gré de mes billets (j'aime conserver une part de mystère lol).
J'évoquerais juste ici, en filigranes, la vision hier soir au cinéma d'un magnifique documentaire sur le chamanisme, "D'autres Mondes", réalisé par Jan Kounen. La projection fut suivie d'un long débat avec le réalisateur. J'avais déjà "rencontré" ce-dernier à l'occasion de la sortie de son film Blueberry. Son expérience avec les chamans d'Amazonie, son initiation à cette médecine de l'âme, véritable sujet du long métrage, m'avait passionné. J'ai retrouvé avec bonheur la description méticuleuse de ses visions vécues lors des séances d'Ayahuasca (mélange psychotrope permettant d'entrer en transe). Ce fut pour moi une véritable invitation au voyage… Est-ce là où me mène cette vie facétieuse ?

Mia kepenshonbanon,
Shinan kepenshonbanon
Kepenshonyontanara,
Mia raromayonai...

Je t'ouvrirai
J'ouvrirai tes pensées
En les ouvrant
Je te remplirai de joie...

Extrait d'Icaros de Kestenbetsa

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Fêlures

Carreau brisé © Bruno Forêt

Je suis fatigué d'avoir à subir en permanence les symptômes d'une santé en berne. Je voudrais "passer" et "penser" à autre chose, ne plus vivre dans mon corps comme un étranger, "en retrait", en attente d'un mieux. J'aimerais tant retrouver l'étonnante normalité d'une banale vitalité.
Je suis fatigué des souffrances, celles que j'endure et celles que j'inflige malgré moi. Elles s'insinuent comme un poison dans mes veines. Je suis incapable de faire du mal… et pourtant, je suis terriblement et maladroitement humain. Pardon.
Je suis fatigué de ne pas ressentir le bien-être d'une nuit sans rêves. Un sommeil non réparateur et c'est la journée qui s'égare, entre moral à la dérive et morsures de pensées absconses.
Comme d'habitude, ma prose s'abîme dans les tensions de mes maux de tête. Je suis désolé de tant d'impudeur, là, c'est moi qui m'égare.
Heureusement, mes soirées sont meilleures que mes jours. Ce soir, je voguerai sur les rives de la spiritualité, guidé par la caméra visionnaire de Jan Kounen, à la découverte d'autres mondes.

Il est des chansons qui se logent au creux de nos émotions et restent suspendues à nos lèvres, pour toujours. Parmi ces petits trésors musicaux flottant de larmes en rires, de cœur en pleurs, figure cette chanson de Jean-Louis Murat : "Se mettre aux anges"… Je ne peux pas expliquer pourquoi je l'aime. Peut-être tout simplement parce qu'il n'y a pas d'explication, juste la présence d'un vibrato qui s'élève en mon âme.


"Se mettre aux anges", Jean Louis Murat (Lilith)

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Nounours décapité

Nounours © Bruno Forêt

C'était cet hiver...
C'était à Noël, au détour d'une rue...
Là, sur le rebord d'une fenêtre, deux yeux fixes et noirs me regardaient.
Dans l'air glacé résonnaient encore les cantiques. Des myriades de Tino Rossi numérisé me promettaient des jouets par milliers.
Mais c'est finalement ce nounours qui capta mon attention.
Pauvre bête décapitée.
Le couperet des volets était tombé.








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Dernier chat pitre

Morgi © Bruno Forêt

Tes coups de tête dans mes chaussettes, tes chatouilles-pieds quand j'veux bosser…
Tes coups de griffes quand j'me rebiffe, tes vrais chagrins quand j'vais pas bien…
Tes airs peluche sans fanfreluches, ton corps chaleur, baume de mon cœur…
Tes crises de vie, pointes de folie, tes chapardages de chat pas sage…
Ton dos boudeur quand j'suis plus joueur…
Tu vas me manquer, le chat…

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De la pointe des pieds...

Va-où ? © Bruno Forêt

Je suis une petite chose perdue dans l'immensité de la vie...
De la pointe des pieds, j'essaye de ne pas faire trop de bruit.
Je ne veux pas brusquer, pas déranger, et ne pas nuire…
J'ai juste besoin de rêver et de croire à mes douces utopies…















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Une petite douceur

Fragments de nuit © Bruno Forêt

Comme une friandise noyée sous la chantilly des brouillards, le Sacré-Cœur aime parfois se donner des allures de sucre candy. La nuit le grignote lentement et le fait fondre, telle une énorme sucette brandie fièrement par la ville lumière.

N'en déplaise à ses détracteurs, il y a certains soirs, magiques, où le Sacré Cœur assume pleinement son côté "confiserie" urbaine.



"Sweetie Pie", Stan Getz (Imagination)

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Va-où ? © Bruno Forêt

Aujourd'hui, mabulle a encore éclaté, me laissant seul et désemparé. Le serveur internet ne servait plus à rien et mon blog ne répondait plus aux commandes. Plus de poste de pilotage, plus de console d'administration, plus qu'un incommensurable vide…
Quel dérisoire attachement que celui qui me lie à cette bulle bien fragile. Une seule journée sans électronique et me voici sans attraction synaptique. Que m'arrive t-il ? Serais-je devenu blog-addict ?
Allo docteur, ici Giorgino… J'ai les premiers symptômes d'une accoutumance déraisonnée aux choses informatiques. Dans les phosphènes brouillant ma vue ne volettent que des chiffres : le système binaire a remplacé mes hallucinations lumineuses et mes acouphènes ne bourdonnent plus que le lancinant murmure d'un ventilateur de micro-ordinateur. Je deviens homme-machine, le web est l'ombilicale veine transportant un flux de données codées en mon sang transformé. Erratique est ma pensée, technologique sera ma vie ?



"Electronic performers", Air (10000 Hz legend)

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Pense bêtes

De la bouche à l'oreille © Bruno Forêt

Heureusement que la Saint-Valentin existe, sinon comment saurions-nous que nous nous aimons ?...

Vivement demain…

Penser à acheter des roses, en nombre impair si possible, pour lui prouver que je l'aime plus le jour de la Saint-Valentin que les 364 autres jours de l'année.
Penser à enlever les épines.

Penser à lui laisser un mot doux, jeter tous les brouillons si possible, pour lui faire comprendre qu'aujourd'hui je sais écrire autre chose que la liste des courses.
Penser à avoir des idées ou acheter un dictionnaire des citations.

Penser à lui offrir un petit cadeau, diffèrent de celui de l'année dernière si possible, afin de le rassurer sur l'état de mon compte en banque.
Penser à vérifier l'état de mon compte en banque.


Penser à l'appeler sur son téléphone, au moins une fois par heure si possible, pour lui dire que le manque est insupportable et lui démontrer que je connais enfin son numéro de portable.
Penser à changer de forfait.

Penser à être plus tendre et plus câlin, être un véritable pot de colle si possible, afin de pouvoir être un sale con en toute impunité le reste de l'année.
Penser à doubler ma dose de parfum.

Penser à ne pas parler politique, ou de tout autre sujet qui fâche si possible, afin d'éviter que le joli service à thé qu'il m'offrira très certainement ne termine sa courte vie sur le sol de la cuisine.
Penser à doubler ma dose de calmants.

Penser à lui faire l'amour comme une bête, ne pas avoir de panne si possible, afin de le remercier d'avoir attendu ce 14 février pour enfin prendre son pied.
Penser à doubler ma dose de Viagra.

Penser à lire plusieurs fois cette liste, ce soir au coucher si possible, afin de bien me remémorer tous les points abordés.
Penser à y penser.

PS : Penser à ne plus être célibataire, si possible ;-)


"La différence", Les Clam's

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LIB.RT.

No futur © Bruno Forêt








































Merci à ceux qui ont donné (de) leur voix, sans eux, je serai encore muet.
Merci à ceux qui ont osé (se) manifester, sans eux, je serai encore sourd.
Merci à ceux qui ont (ré)clamé la lumière, sans eux, je serai encore aveugle.
Merci à ceux qui espèrent, sans eux, je serai déjà mort.

N'oublions jamais que la liberté n'est pas qu'un mot...



Musique : "Citizen Erased", Muse (Origin of symmetry)

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Ombres

Tombeau © Bruno Forêt

Parce qu'il y a des ombres qui ne disparaissent jamais…
Celles des tombes du vieux cimetière Saint-Vincent, au pied de la Butte Montmartre, où les anges se reposent auprès des croix hosannières…
Celle de Peter Pan, oubliée un soir chez Wendy, et vaillamment recousue à ses pieds avant qu'il ne prenne son envol vers le pays des enfants perdus…
Celles que les chapeaux de cow-boy dessinent sur les visages de deux hommes, masquant pour un temps leurs regards troubles et attachants…
Celles de ce dimanche gansé de froidure, où mes pas ont croisé ceux du capitaine Crochet au théâtre des Variétés, où mes mains ont caressé les ailes d'albâtre des anges gardiens de nos cendres, où mes yeux ont pleuré sur le destin défait des âmes en peine de Brokeback Mountain.
Il y a des ombres éternelles.



Musique : "A la vie à la mort", de René Aubry (Killer Kid)

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Photo du soir...

Rémanence montmartroise © Bruno Forêt

Dimanche... 2h30...
Dans la série des photos sans article, ou plus exactement des articles imagés, voici encore une vue de Montmartre nimbé de brume hivernale.
Avant de retrouver mon lit et la couette que je vais prendre un malin plaisir à réchauffer, avant de retrouver les âmes visiteuses de mes rêves, je dépose dans ma bulle cet "instantané" vaporeux.
Que vos nuits soient aussi douces que la caresse prégnante de ces lumières déliquescentes.









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