giorgino

Liés

Elena © Bruno Forêt



Qu'elle soit légère ou son contraire, qu'elle soit de peines ou de félicités, qu'elle soit synonyme de tous les antonymes, la vie n'est jamais tiède.
Qu'un vœu l'apaise le temps de croire à sa réalisation, qu'un creux l'allège le temps de voir la désolation, la vie est le liseré qui sillonne, intempérée, nos pleins et nos déliés.

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...

Va où ? © Bruno Forêt

Les mains sont des enigmes.

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Combat

Fleur des murs © Bruno Forêt

Pour vivre, il faut se battre.
Pour apercevoir la lumière, il faut s'accrocher.
Pour grandir, il faut espérer
Et comme ce lierre, pour exister en ce monde glacial et gris, il faut porter en soi les couleurs, les conserver, et y croire.

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Hiver

Hiver © Bruno Forêt

Parfois, le matin, une petite perle se glisse entre nos mails, attendant le moment propice pour se dévoiler à nos yeux et briller ainsi de mille feux. Ce matin, cette petite perle me fut adressée par Henri-Pierre. Je l'ai immédiatement adoptée comme parure pour ma journée et, encore émerveillé par son éclat doré, je ne résiste pas au plaisir de l'exposer à votre regard… Il s'agit d'un poème d'Albert Samain, "Hiver"…

Le ciel pleure ses larmes blanches
Sur les jours roses trépassés ;
Et les amours nus et gercés
Avec leurs ailerons cassés
Se sauvent, frileux, sous les branches.

Ils sont finis les soirs tombants,
Rêvés au bord des cascatelles.
Les Angéliques, où sont-elles !
Et leurs âmes de bagatelles,
Et leurs coeurs noués de rubans ?...

Le vent dépouille les bocages,
Les bocages où les amants
Sans trêve enroulaient leurs serments
Aux langoureux roucoulements
Des tourterelles dans les cages.

Les tourterelles ne sont plus,
Ni les flûtes, ni les violes
Qui soupiraient sous les corolles
Des sons plus doux que des paroles.
Le long des soirs irrésolus.

Cette chanson - là-bas - écoute,
Cette chanson au fond du bois...
C'est l'adieu du dernier hautbois,
C'est comme si tout l'autrefois
Tombait dans l'âme goutte à goutte.

Satins changeants, cheveux poudrés,
Mousselines et mandolines,
O Mirandas ! O Roselines !
Sous les étoiles cristallines,
O Songe des soirs bleu-cendrés !

Comme le vent brutal heurte en passant les portes !
Toutes, - va ! toutes les bergères sont bien mortes.

Morte la galante folie,
Morte la Belle-au-bois-jolie,
Mortes les fleurs aux chers parfums !

Et toi, soeur rêveuse et pâlie,
Monte, monte, ô Mélancolie,
Lune des ciels roses défunts.

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Perdre le fil ?

Mur © Bruno Forêt

Alors que la brume tarde à effilocher les derniers ronds de dentelles cotonneuses dont elle avait délicatement enveloppé mon esprit ce matin, alors que mes ongles terminent leur cure d'amincissement entre l'étau impitoyable de mes dents, et alors que le soleil drape sa nouvelle virginité dans une longue étole nuageuse, mes pensées tissent, comme à l'accoutumée, une étoffe froissée.
Je contemple les lambeaux de ma vie et je réalise que j'ai tant de matière à recoudre. Sous le vent des années, la toile de mes émotions s'est déchirée. Tout est question d'efforts et de persévérance, je le sais, chacun d'entre nous composant avec le patchwork de ses expériences. Il me faut à présent redonner forme à ce qui était chiffonné.

Alors que mes mots s'amusent à se glisser sous le pan des métaphores textiles, je me découvre une nouvelle ambition : devenir l'artisan de ma vie et, du temps qui (dé)file, prendre la mesure, y épingler les bons moments, y assembler toutes mes envies.
Vive la haute-couture…

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En construction

Détail Sagrada © Bruno Forêt



Un vitrail de la Sagrada Familia, à Barcelone, cathédrale magique en perpétuelle construction. J'aime tant le côté inachevé de cette oeuvre architecturale que j'en viens à espérer que jamais ne sera posée la dernière pierre.
Dans mes rêves les plus fous, j'imagine cet édifice comme un être vivant, un organisme complexe rajoutant sans cesse à ses clochers existants et à ses galeries labyrinthiques de nouvelles excroissances, de nouvelles chapelles.

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Le cauchemar de Darwin

Ceci n'est pas un poisson d'avril…
A des milliers de kilomètres d'ici, pendant que des avions cargo zèbrent inlassablement le ciel de Tanzanie, des pêcheurs naviguent sur les eaux troubles du lac Victoria. Sous le ballet incessant des aéroplanes émerge la misère humaine... Le cauchemar est bien de ce monde.

Ceci n'est pas un poisson d'avril…
Pendant que ces avions atterrissent, vidant sur le sol africain leur cargaison officiellement "pacifiste" composée de fusils, de tanks et autres armes estampillées "made in Europe", censées alimenter des guerres certainement profitables; pendant que la communauté internationale feint la cécité, pendant que les soutes se remplissent de tonnes de filets de perche du Nil destinés à nos supermarchés, des hommes et des femmes sont condamnés à se nourrir des carcasses jetées à même le sol et séchées en grappe sur des rondins de bois, telles d'immondes tapis organiques dévorés par les vers.

Ceci n'est pas un poisson d'avril…
Pendant que quelques européens se félicitent d'avoir amélioré les conditions de vie des pêcheurs et de leur famille, pendant qu'ils congratulent les dirigeants des usines pour leur efficience en matière d'hygiène et de conditions sanitaires, pendant qu'ils bavent sur le juteux marché que représente cette monstrueuse perche du Nil, les enfants des rues, livrés à eux mêmes, se disputent les restes d'un repas et font brûler les emballages plastiques de ces chers poissons pour en sniffer les vapeurs.

Ceci n'est malheureusement pas un poisson d'avril…
Pendant que les pilotes Ukrainiens enchainent verres de whisky et coups sur les visages des prostituées, pendant que je regarde, incrédule, ce documentaire diffusé sur ARTE ce soir, pendant que je ne peux m'empêcher de me poser la question "Que peut-on faire ?", le cauchemar continue. Eliza, la prostituée, est tuée par un client Australien. Une femme, atteinte du Sida, ne peut plus s'alimenter et s'apprête à souffler sa vie, des hommes continuent d'enterrer leurs frères, mères ou pères…
Et pendant ce temps, les avions cargo zèbrent inlassablement le ciel de Tanzanie.

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P.S

Ecorce © Bruno Foret

Vos messages m'ont énormément touché…
"Bien-venu", je le suis pleinement, n'est-ce pas scape ?...
J'ai de la chance de vous accueillir ici, de pouvoir partager avec vous peines et délices…
Merci du fond du cœur de pardonner les arythmies de mes écrits, de gratter l'écorce de mes doutes pour y déceler autre chose que les caprices d'un adulte en mal d'enfance.
Merci d'être plus que des anonymes pour moi, de devenir au fil des mois la trame, l'étoffe de mes envies.
Merci de suivre au fil de mes émois la trame de mes contes à dormir debout.
Merci.

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Tempête

Tempete © Bruno Foret

Quand l'orage fronce l'écume de l'océan et que le vent égrène l'épiderme des plages, quand le ciel s'étiole et qu'un nuage protéiforme vient faire pleuvoir la nuit sur terre, mes yeux contemplent l'ouvrage de la nature avec respect et émerveillement. J'aime ces moments suspendus hors du temps, à la limite du silence et du vacarme, quand les oiseaux désertent leurs chants et que le tonnerre frappe la quiétude comme un fouet claquant le flanc d'un cheval galopant.

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Retour

Moutons © Bruno Foret

Aucun rapport entre ma photo et cet article (quoi que... il doit être possible de trouver des liens entre mon retour sur ce blog et ces moutons tout emmaillotés de laine). Pourquoi une si longue absence ? Les raisons sont multiples… Tout d'abord, je suis un être qui doute, en permanence… Parfois je balaies ces doutes d'un revers d'énergie, parfois il me faut du temps, beaucoup de temps, pour que ma réflexion s'imprègne de mes émotions, pour que les choix que je suis amené à faire soient mûris et non pas subis. Il y a peu, je me suis retrouvé au cœur d'une tempête. Tempête dans un verre d'eau, tempête dans un esprit fatigué. Je me suis demandé quelle pouvait être l'utilité de cette "impudeur" intrinsèquement liée aux blogs, pour quelles raisons le plaisir d'écrire devenait contrainte. D'autres amis bloggeurs ont partagé ces doutes (Laurent, Suzette, Buzz…). Puis la vie, celle qui se joue loin des écrans et des claviers d'ordinateur, m'a "rattrapé". La santé toujours en berne, j'ai fini par contempler le temps qu'il reste allongé sur un lit d'hôpital. Je n'en dirai pas plus, c'est déjà trop.
Si j'ai choisi de revenir, c'est que j'ai finalement compris que j'étais seul maître à bord, qu'il m'appartenait de faire de ce blog ce dont j'ai envie qu'il soit, avec ses plages de silence, ses zones d'ombre et de lumière. Je suis libre de donner ou non à cet "espace" la saveur d'un journal intime. Rien ne saurait m'obliger à prendre une direction rédactionnelle que je ne voudrais pas suivre. Cette compréhension tardive peut vous paraître idiote, mais c'est pour moi le constat qu'il n'est jamais trop tard pour "s'écouter" un minimum, chose que je fais finalement trop rarement…

En conclusion de ce nouveau départ, plus serein, j'ajouterai juste que je suis heureux de vous retrouver.

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Prières naturelles

Prières naturelles © Bruno Forêt
Griffant les nuages de leurs doigts décharnés, les arbres semblent prier le ciel.
Qu'un soleil timide point le bout de son nez et c'est toute une vie qui réapparaît.

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Phrase la plus bête du jour...

Entendue il y a à peine 10 minutes, sur France 2... Cette réplique est la première phrase du film DareDevil :
"Il parait que l'on voit défiler toute sa vie quand on meurt. Et bien c'est vrai. Même quand on est aveugle."

Wow, merci messieurs les dialoguistes. Sans vous, j'ai bien failli m'endormir idiot ce soir. Je croyais naïvement que les aveugles n'avaient pas d'images "mentales", qu'ils ne faisaient pas de rêves, n'avaient pas de souvenirs... Pfiou, quelle révélation !
Je n'ai jamais vu DareDevil mais je pense que je vais veiller un peu, histoire de guetter d'autres perles du genre. Je ne sais pas, peut être vais-je en apprendre un peu plus sur les non-voyants (à défaut de le devenir moi-même devant un tel spectacle).

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Relativité...

Nature © Bruno Forêt



S'allonger à même le sol, frissonner aux caresses du vent; loin des tourments des hommes se sentir encore un peu vivant.
Et sourire sans réserve devant toutes leurs turpitudes car l'ombre sera pour tous, c'est bien là l'unique certitude.

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Self Control

Corrida © Bruno Forêt





















Ne pas s'énerver, rester Zen, vaille que vaille… Ne pas sauter au plafond quand Gilles de Robien, recevant dans sa mairie deux étudiants opposés au blocus de leur fac, déclare devant les caméras d'Envoyé Spécial : "Vous voyez, il y a quand même des étudiants qui souhaitent travailler et réussir leurs examens"…
Mais bien sûr ! Puisque monsieur De Robien aime les raccourcis, j'espère qu'il trouvera bien vite celui de la sortie… Comme si tous les étudiants bloquant les facs, concernés par les décisions unilatérales de nos politiques et surtout inquiets pour leur avenir, n'étaient que des fainéants, irresponsables et désireux d'échouer à leurs exams…
Pfff…
Ne pas s'énerver, rester Zen, coûte que coûte… Ne pas s'expatrier immédiatement en Australie face à l'arrogance et la mauvaise foi affichées par nos Elus… . Est-ce que le CPE respecte le droit international ? Le conseil constitutionnel, lui, a tranché : il considère qu'il "ne lui appartient pas" de vérifier la "conformité" d'une loi française avec les "engagements internationaux"…
Ben voyons ! Heureusement que nos Sages sont sages, sinon ils seraient vraiment cons.
Pfff…
Ne pas s'énerver, rester Zen, grrrrrr que grrrrrr… Ne pas péter un plomb à la lecture d'un article dans 20 minutes, ce matin. Un travesti italien va devenir, prochainement, député européen. Et qu'en pense Alessandra Mussolini, petite fille de… ? "Mieux vaut être fasciste que pédé"… Argh
C'est c'la oui ! Mieux vaut être sourd, aveugle, cul-de-jatte, pédé, noir, juif, musulman, étudiant, travesti, trisomique, fan de Mylène Farmer, Jean Passédé Méyeur... que "petite fille de" !
Nan mais, fallait pas m'énerver…

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Lettre capitale

Evasion © Bruno Forêt

Adieu Paris.
A pas feutrés je m'en vais. Je te laisse à tes dérives… Le temps d'une semaine je vais noyer mon regard dans d'autres horizons que les tiens. Après l'asphalte de tes rues je vais prendre un malin plaisir à fouler la terre encore gelée des sentiers forestiers. Tu te joues de mes départs car toujours, tu sais que je reviens. Mais méfie-toi, un jour je pourrais bien filer définitivement d'entre tes doigts. Un ailleurs se dessine, une autre ville se profile.
Pour l'instant, l'heure est aux retrouvailles avec les miens. J'ai tant de sourires à emmagasiner, tant d'amour à recevoir et à donner. Je me réjouis déjà des longues balades avec mes parents, des bisous câlins mutins avec ma filleul, de la tranquillité et la simplicité qui va sourdre de ces jours. Ne t'en fais pas, je vais bien en profiter.
A mon retour, La Bestiole sera prête à faire vibrer sa corde sensible à La Maroquinerie, mon super Tiramisù réveillera bien des papilles et mes mots ne seront qu'amour et tendresse.
Adieu Paris. Je te quitte pour mieux te retrouver.


"Wise up", Aimee Mann (BO Magnolia - Paroles & musique : Aimee Mann)



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