giorgino

Les âmes grises

"Aujourd'hui tout est fini. J'ai épuisé mon temps et le vide ne me fait plus peur. Tu penses peut-être que moi aussi je suis un salaud, que je ne suis pas meilleur que les autres. Tu as raison. Bien sûr que tu as raison. Pardonne-moi pour tout ce que j'ai fait, et pardonne-moi surtout pour tout ce que je n'ai pas fait."

Philippe Claudel
Les Âmes grises

Vos commentaires

1 Le Jeudi 9 Mars 2006 à 12:15 GMT+2, par Henri-Pierre

Ouvrage inoubliable, scalpel de l'âme, miroir d'abysses et de rédemptions.
Je mène plusieurs lectures parallèles pour économiser celle-là, qu'elle ne me quitte pas encore.

2 Le Jeudi 9 Mars 2006 à 13:20 GMT+2, par etienne

Il n'est pas de départ sans retour. Il n'est pas de rupture sans lien à refaire. Il n'est pas de cicatrice sans guérison. Tout est possible, tout peut s'envisager.
Il n'est pas de pardon sans remerciements.
Il n'est pas de désamour sans amour.

3 Le Jeudi 9 Mars 2006 à 14:23 GMT+2, par Phoenix

Le sentiment du pardon n'est rien comparé aux regrets exprimés, l'un est délivrance, le second inéluctable !!

4 Le Jeudi 9 Mars 2006 à 14:26 GMT+2, par Henri-Pierre

Mais qui est cet énigmatique Etienne, le sais-tu Bruno ?
Belle, très belle phrase, dont il te fait présent.

5 Le Jeudi 9 Mars 2006 à 14:55 GMT+2, par Laurent

Et surtout, se faire pardonner pour ce que l'on n'a pas fait...
Le "surtout" indique bien que l'omission a été pire que l'action et qu'elle est plus difficile à pardonner. Cà sonne comme une révélation "après-coup". Mais çà pose une autre question : que fallait-il faire, dans ce qui n'a pas été fait ? Cette question peut être déclinée autrement : et si c'était à refaire, comment aurions nous fait ? Ou encore : quels auraient été nos choix entre ce qu'il fallait faire et ce qu'il ne fallait pas faire ?
Personnellement, je ne suis pas certain que quiconque soit en mesure d'y répondre, parce que nos choix tiennent compte d'un vécu, de "l'économie" d'une situation ou d'une relation à un instant T. Or le réel est dans ce qui a été vécu et non pas dans ce que l'on aurait voulu vivre. On ne peut pas réécrire l'histoire car celle-ci ne se conjuge pas au futur antérieur, mais bien au "passé simple", ou encore à "l'imparfait".
Alors il ne reste, effectivement, plus qu'à faire avec et à demander le pardon.

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