giorgino

Larmes d'étoile

Tic Tac Tom © Bruno Forêt

Aujourd'hui, les pensées sont un peu en vrac, conséquence d'une nuit encore passée à lutter contre d'affreuses idées. Au réveil, l'esprit embrumé, l'œil hagard, je croisais le regard franc et lumineux de mon compagnon d'infortune. Lui adressant un bref sourire, je décidais sur le champ de parler de lui sur mon blog, de vous présenter celui qui partage mon lit en ce moment et qui m'a permis, cette nuit, de retrouver un peu de calme, blotti au creux de mon épaule. Tant pis pour les psychanalystes et vive la "régression compensatrice" : je voulais tout simplement parler de mon nounours, mon plus vieil ami, ce fidèle copain pas rancunier pour deux sous. Jugez plutôt : il ne m'en veut même pas d'avoir séjourné de longues années dans le placard. Et bien, nounours a fait son coming-out.
Il ne ressemble plus à grand chose, son petit museau autrefois tout blanc s'apparantant de plus en plus à une vieille baudruche ratatinée, ses flocons de mousse s'échappant par pincées hémorragiques de son corps meurtri. Mais son regard est toujours aussi limpide. Enfant, j'étais persuadé qu'il possédait toutes sortes de pouvoirs magiques, dont celui de communiquer les rêves et d'éloigner les cauchemars. J'avais trouvé, grâce à lui, la clé des songes : je me couchais sur le côté, j'enfouissais ma tête sous la sienne et aussitôt, par télépathie, il me transmettait mes douces rêveries. Peut-être voulais-je retrouver un peu de cette magie hier soir ?

Mais en commençant la journée, la brusque réalité m'a rattrapé, charriant son lot de mauvaises nouvelles. L'injustice, l'impuissance et la douleur portent en leur sein le sceau du destin. Un petit bout-de-chou, les yeux à peine habitués à la lumière de la vie, déjà frappé par la maladie et qui fait chavirer le cœur de toute une famille. Des amis qui partent, rejoignent les étoiles comme autant de larmes scintillant dans le firmament de nos tourments. Dans mes pensées enténébrées j'ouvre grand une porte pour écouter, apaiser, accueillir tous ceux qui ont besoin d'un peu de réconfort. Je n'ai que des mots à offrir, tendres bouquets de fleurs embaumant vos vies froissées…
Ce soir, je plongerai mes yeux dans son regard, et je lui dirai, doucement :
"malheureusement, il est des pouvoirs qu'aucun nounours au monde ne possède…"

Vos commentaires

1 Le Mercredi 18 Janvier 2006 à 13:55 GMT+2, par buzenval

Peut-être il faut estimer que tu as de la chance de pouvoir garder ce fidèle compagnon depuis si longtemps. Moi, j'en avais pas. Parfois tu me fais peur, Giorgino... Quand tu parles de choses avec un certain distance, je ressens une douleur au fond de tous ces mots. J'espère que je me trompe.
Tu vas me faire pleurer... Au lieu de pleurer sur nos sorts, il vaut mieux d'aller pleurer au cinéma. ça te dit d'aller pleurer avec moi pour "Brokeback mountain"?

2 Le Mercredi 18 Janvier 2006 à 15:46 GMT+2, par Méluzine

Je ne sais pas ce qui se passe ou plutôt, je ne préfère pas essayer de comprendre. Je ne peux que passer de temps à autres et te lire. Au fait.... j'ai fait un rêve étrange mais marquant il y à peu de temps et tu étais là! Sur un banc, devant une fontaine en ma compagnie, attendant le train qui devait me ramener à la Provence. Il faisait très froid et nous parlions sans discontinuer au point de m'en faire rater le tgv.

3 Le Mercredi 18 Janvier 2006 à 16:19 GMT+2, par Giorgino

@ Mélu : Oh, quelle joie d'avoir "hanté" l'un de tes rêves... Etrange aussi... Il faudrait demander à un fin psychologue (Laurent, es tu là ?) ce que cela signifie ;-) Mais j'aime l'idée que notre conversation soit si passionnante qu'elle te fasse rater ton train.

4 Le Mercredi 18 Janvier 2006 à 16:41 GMT+2, par Henri-Pierre

Marie est une nymphette,
Pantalon garçonnier et corsage de fausse ingénue consciente de son abattage.
Sa coiffure, bien que multi-directionnelle, n'a rien de désordonné.
Marie est très contrôlée. Son image lui appartient.
Elle semble "l'air de rien" mais elle provoque de drôles de mouvements.
Drôles et fondamentaux.
De fait l'arbre s'humanise, ses bras s'arrondissent et vont vers Marie.
L'arbre, suprême impudeur, exhibe du coup ses racines.
L'arbre sait que seul le principe féminin est en pacte avec la nature. Le principe féminin puise ses forces dans l'obscurité chtonienne et l'élance vers la vie.
Même sans rien faire les femmes font. Elles sont.
Tom et Jérémy n'ont pas ce pacte avec la nature.
L'homme est un éternel déraciné.

Bruno, ton nounours a de la chance de t'avoir.
Et nous, nous avons de la chance de t'avoir.

Que les heures à venir te soient douces...

5 Le Mercredi 18 Janvier 2006 à 19:09 GMT+2, par Ste

Messieurs les psy à vos fauteils!!! Il m'arrive de temps en temps (rarement mais quand même) de me munir de mon kiki et mon popples d'enfance pour trouver le sommeil!!! L'important c'est de trouver le sommeil et de se sentir protégé non?

Il n'y a aucune raison pour que les gens bien ne connaissent pas le bonheur...mais les périodes de creux sont essentiels...comment apprécier réellement le gout du bonheur si on n'a pas connu la peine??
Ne t'inquiète pas trop Giorgino...le temps sait panser TOUTES les blessures...il faut juste le savoir...le meilleur moyen de l'y aider c'est de se donner l'opportunité de vivre autre chose et de rompre son quotidien...:-)

Je vais dire à mon kiki de rentrer en contact avec ta peluche...je veux bien te céder quelques un de mes rêves qui te feront passer de meilleures nuits :-)

6 Le Jeudi 19 Janvier 2006 à 09:37 GMT+2, par Chanoire

;-)

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