Vivre, c'est comme jouer à la marelle… Avant d'atteindre le ciel, il nous faut sauter à cloche-pied en prenant soin de ne pas tomber. Parfois, on rate son coup et notre vie-caillou plonge en enfer... Les épaules basses et de guerre lasse on revient sur terre, on bat en retraite. Plus rien ne va. La main tremble, le cœur s'emballe. On passe son tour pendant que d'autres rient, s'élancent et nous dépassent. Le jeu est trop injuste : pour un lancer loupé l'on se voit condamné à rester le dernier.
Et dans nos larmes retenues on se console en se disant que finalement le ciel peut bien attendre…
Mais, comme à la marelle, vient toujours le temps d'une autre chance. On se concentre, on vise mieux. Dans le creux de nos mains on apprivoise le palet, on le connaît, on le ressent. Et peu à peu, on s'aguerrit, on s'affirme et on avance. A présent c'est notre volonté qui guide bien, qui mène loin cette vie-caillou.
Et dans nos sourires entendus on se cajole en se disant finalement que le ciel a bien assez attendu…
Par giorgino, Mardi 17 Janvier 2006 à 13:00 GMT+2 dans Bribes de vie (article, RSS)
Vos commentaires
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 13:29 GMT+2, par djeep
youpi ! tel le printemps qui vient toujours après l'hiver, je vois qu'une timide éclaircie éclaire à nouveau ta vie. Pour l'avoir vécu plus d'une fois, je sais à présent que lorsque l'on chute, il nous faut toucher le fond (pas d'autre remède) et que tout naturellement on se relèvera. On se remet en marche et un jour, parfois longtemps après, on mesure ce que l'on a acquis depuis et on se dit : "Quelle chance d'être tombé à ce moment là, sinon j'aurais raté toutes ces nouvelles choses qui m'enchantent à présent."
Suis le soleil ! Et si tu le perds de vue, fuis l'ombre.
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 15:31 GMT+2, par Shade
Comment ça me fuir ? Qui sera là pour l'abriter des cuisants rayons du soleil si ce n'est moi ?
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 16:15 GMT+2, par Henri-Pierre
Bruno, te voila écartelé entre les pulsions ensoleilées de djeep et les protections sombres de Shade.
Pour concilier ces extrêmes investi donc l'arène dans uneplace "sol y sombra".
Ton post, très profond, inhibe mes commentaires forcément en dessous de ce que tu dis.
C'est très beau.
Le dessin est de toi ?
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 16:38 GMT+2, par Giorgino
@ tous : un immense merci pour votre soutien, votre présence, vos commentaires... Ce blog serait-il l'une des clés qu'il me manquait pour trouver le chemin qui me mène à moi ?
@ HP : Oui, le dessin est de moi et illustre un très très beau conte écrit par mon amie Marion : Tic Tac Tom
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 16:38 GMT+2, par buzenval
Quand j'ai vu ce dessin, j'ai tout compris. Mais en lisant tes mots, je ne comprends plus rien. En ce moment, j'ai une tête ailleurs et je n'arrive plus très bien à réfléchir sur des mots des phrases... Je suis content que tu as marqué ton passage dans ce mardi pluvieux.
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 16:41 GMT+2, par Crug'
Très joli dessin, très beau texte.
Je vais lire ce blog régulièrement 
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 16:51 GMT+2, par Giorgino
Bienvenue Crug' 
Le Mardi 17 Janvier 2006 à 17:15 GMT+2, par Henri-Pierre
C'est un arbre de ville le pied couronné de fonte.
C'est un arbre d'hiver tendant ses suppliques éffeuillées vers le ciel (ou le Ciel)
C'est un arbre seul, comme on peut l'être dans les villes...
Mais c'est aussi un arbre-reposoir ou s'appuient les désarrois.
C'est un gosse triste encapuchonné comme un deuillant
C'est un gosse fermé sur son chagrin, les jambes serrées l'une contre l'autre pour se fermer encore sur son chagrin.
C'est un gosse qui couvre ses mains autant parce qu'elles n'ont rien à saisir que parce qu'elles ont froid.
Mais le gosse a trouvé un appui.
L'arbre seul et le gosse seul sont deux, et...
... ai-je bien vu ?
Quelques feuilles semblent se défroisser à l'extrémité des branches.
Le printemps vient.
Le Mercredi 18 Janvier 2006 à 09:47 GMT+2, par Maïsla
Bonjour giorgino,
je te visite depuis peu (c'est le grand Mr rouge qui a déposé le net sous mon sapin). BRAVO, ce que tu nous apportes sur ce blog est magnifique.
MAIS je vois en ce moment, que ton coeur est lourd.
je voulais t'envoyer ce message qui n'est pas de moi (et un sourire-
de Paul Eluard) :
La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
puisque je l'affirme
au bout du chagrin
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée,
il ya toujours un rêve qui veille,
désir a combler, faim à satisfaire
un coeur généreux,
une main tendue, une main ouverte
des yeux attentifs,
une vie, la vie à se partager.
excuse moi pour les mesures d'usage sur le net que je ne connais pas encore très bien.
A bientôt. continue.