Mausolée
De sa grisaille nue le ciel me contemplait
Aux voluptueux nuages ma silhouette accrochait
Futile ombre chinoise aux fragiles pensées
Flammèche encore vivante que la nuit vient souffler.
Sur un rocher frappé de langoureux tumultes
De vagues passionnées qu’un coup de vent exulte
Mon regard s’est échoué, aux embruns s’est mêlé
Vers cet écrin perlé mes pas il a guidé.
Aux caprices de l’âme ma raison j’ai léguée
Le vide est un délice pour corps abandonnés
Dans un dernier élan de ma vie j’avortais
Sur la proue de granit mes os je dispersais.
Une mosaïque d’eau déroule mon linceul
Et l’écume dorée referme mon cercueil
L’océan se déplie en vagues empourprées
De ma chair abîmée je le fais messager.
Quand la mer se dénude vers de vagues horizons
Comme une femme prude tire sur ses jupons
Ma demeure est immense, les chemins effacés
Falaises en tremplins, rochers en lit douillet
Bruno Foret
Par giorgino, Vendredi 9 Decembre 2005 à 19:31 GMT+2 dans Colliers de mots (article, RSS)




