Je suis retourné dans cette vieille église au clocher si usé que les vents font chanter.
Un sentiment puissant que le passé attise, en mes yeux fait briller un bonheur retrouvé.
Les sermons du curé, mon esprit vagabond, peu à peu transformait en one man show rodé.
La soutane qu’il portait en homme pudibond, à mon regard osé de strass se parait.
J’ai retrouvé le banc de mon ancienne école sur lequel j’ai passé bien trop d’heures à rêver
Que l’espace d’un instant la maîtresse était folle, sur les tables elle dansait, un rien déshabillée.
Le préau abritait sous une pluie chagrine des lutins bienveillants et autant de géants.
C’est un beau jour pourtant que la fée Colombine, à l’ombre du pommier, m’a donné un baiser.
C’est dans un mur sali par un lichen gris que mes doigts ont trouvé cette lettre froissée.
Par delà les tourments qui ont voilé ma vie, le temps était gardien de cet unique bien.
D’une écriture habile, comme un dernier aveu, le message était clair, une bouteille à la mer.
A l’homme que je suis j’avais émis le voeu que d’aucune manière s’éloigne l’imaginaire.
Petit giorgino ado, sur la photo...
Par giorgino, Lundi 28 Novembre 2005 à 23:13 GMT+2 dans Colliers de mots (article, RSS)
Vos commentaires
Le Lundi 28 Novembre 2005 à 23:17 GMT+2, par Pharaon
Petit Giorgi est devenu un bien grand poète... Un bien grand artiste en vérité... S'il te plait, rend moi ivre...
Le Lundi 28 Novembre 2005 à 23:52 GMT+2, par audovère
ah! c'est joli! Bonne nuit 
Le Mardi 29 Novembre 2005 à 09:05 GMT+2, par Shade
Total look ! Top fashion ! Grande classe, vraiment, ptdr...
Le Mardi 29 Novembre 2005 à 09:50 GMT+2, par Giorgino
Mdr... Oh ça va... La mode des années 80 n'était pas terrible... Bon d'accord, le gilet était tricoté main par ma môman...
Le Mardi 29 Novembre 2005 à 14:27 GMT+2, par djeepé
d'accord avec Pharaon, un bien grand poete devenu tu es. Et si le gilet est un peu étriqué, les pelotes de mots que tu déroules nous tricotent un monde littéraire en grande dimensions. Chapeau et respect monsieur l'artiste !
En plus (désolé de ne pouvoir m'empêcher d'ajouter un commentaire en forme de jugement, j'ai pourtant essayé) j'apprécie beaucoup que tu ai démailloté ce bébé de son lange de noirceur habituel. Avec lui du coup je respire.
Merci.
Le Mardi 29 Novembre 2005 à 15:12 GMT+2, par henri-Pierre
Mais moi je l'adore ce gilet si évocateur des itinéraires passés. un style très "au revoir les enfants", très évocateur des délicieux ennuis provinciaux qui nous assommaient tant et que l'on regrette tellement qu'on n'en guérit jamais. Abîme des devenirs devenus. C'est comme les violettes ou les pensées séchés entre les pages des livres et qui n'ont plus comme odeur que le souvenir d'un parfum. Et puis, ce gilet couvrait un coeur si sensible...
Merci pour ta prose bercée Giorgino
Le Mardi 29 Novembre 2005 à 21:33 GMT+2, par Giorgino
Merci pour tous vos commentaires qui, comme d'habitude, me vont droit au coeur. Cher Djeepé, le bébé ne s'est pas débarassé de son lange de noirceur... Il apprend juste à faire avec, à dérouler sa douleur pour que celle-ci, aussi fine qu'un fil de soie, ne puisse être que transparente. Je veux tisser d'une voix chorale toutes les facettes de ma petite personne. En ce moment, malheureusement pour moi, c'est le noir qui me sied le mieux. Mais point de désespoir. J'espère me vêtir de couleurs chaudes d'ici peu de temps 
Le Mercredi 30 Novembre 2005 à 17:54 GMT+2, par Laurent
Bruno,
C'est bizarre, mais ta photo de "quand tu étais petit" me rappelle quelqu'un... un étudiant de l'IUT de Saint-Denis où je suis resté un an en 1985-1986. Serait-ce toi ?
Le Mercredi 30 Novembre 2005 à 18:08 GMT+2, par Giorgino
Non ce n'est pas moi, je n'ai jamais étudié à saint denis
Mais c'est le "drame" de ma vie lol. Où que j'aille, il y a toujours quelqu'un pour me dire "on se connait non ?"
Le Jeudi 1 Decembre 2005 à 16:25 GMT+2, par Lionel
Bonjour,
J'arrive sur ton blog après la découverte de tes commentaires sur le mien.
Je suis vraiment impressionné par ton écriture.
Quelle sensibilité !
Par exemple sur le post ci-dessus, tu décris tellement bien ce que tu ressens sur les lieux de ton enfance que cela pourrait mettre en paroles les souvenirs que je n'arrives pas à exprimer.
Merci.
Le Samedi 3 Decembre 2005 à 18:25 GMT+2, par kioeldin
Imaginaire, quand tu nous tiens...Je n'ai pas encore eu l'ocasion d'éprouver un brin de nostalgie filée, espérons que je verrais des lutins et des géants 
Le message à la mer, la mer de notre vie, l'idée est séduisante..
Prenons garde à ne pas nous noyer trop vite dans ses larges méandres. 
Le Jeudi 8 Decembre 2005 à 17:34 GMT+2, par caline
tu nous touches Bruno...merci...tu es un artiste et tu nous fait du bien...beaucoup...
trop mignonne la photo !