giorgino

Déménagement

Vous avez certainement dû vous en rendre compte, cela fait un petit moment que je n'ai pas posté sur mon blog.

Pas mal de boulot, pas mal de vicissitudes aussi... Bref. Toujours est-il que j'ai décidé, un beau jour, de déménager mon site et d'en créer un tout-beau-tout-neuf sur mon propre nom de domaine. Aussi, vous pourrez retrouver l'intégralité des articles et des photos (anciennes et nouvelles) sur www.bruno-foret.com

 N'hésitez pas à venir me rendre visite, cela me fera palisir :-)

 

A bientôt, dans une autre "bulle". 

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Episode 4 : L'émotion

Henri-Pierre

Les rideaux tirés sur les deux baies vitrées occultaient à ma vigilance les nombreuses personnes que Stéphane avait rassemblé. Par petits groupes, chacun attendait son signal pour sortir et me surprendre. Aussi, quand la première vague d'invités vint à la lumière, je fus heureux de découvrir mes amis Nantais : Christophe, qui avait tenté de surfer sur l'asphalte avec son scooter, battait la mesure de ses béquilles. Julien et Raphaëlle, bientôt primo-parents, Mikaël, sa compagne et son fils Adrien riaient avec moi, partageant allégresse et félicité. 

Peu de temps après, ce fut au tour de mes voisins et de ma grande soeur, Catherine, de rejoindre le groupe. En réalisant qu'elle était venue spécialement d'Isère accompagnée de deux de mes neveux
(les « bogossdukartier », Naïm et Réhan), l'émotion grimpa en flèche dans le thermomètre de mon bouillonnement intérieur. Mon coeur, aux arythmies prononcées, jouait sa partition asynchrone. Quel sentiment troublant que de se sentir ainsi le centre de toutes les attentions, et quel bonheur intense de se rendre compte que toutes ces personnes, ma raison de vivre, avaient fait le déplacement jusqu'à Nantes uniquement pour être de la fête, de la célébration. Ma tendre Valou, tenant dans ses bras son petit bout de chou, souriait à notre amitié.

Pas encore noyé sous des flots de larmes, mes jambes semblaient néanmoins au bord de la cessation d'activité. Grève générale dans mes muscles. « Non à l'hyper-Emotivité ! » scandaient mes membres inférieurs, « Oui à la syncope ! ». En bon gérant de mon corps, sans négocier avec les gambettes rebelles, je tins bon et ne cédai point à la défaillance.

La mise en scène de Stéphane, réglée au millimètre, me réservait pourtant bien d'autres surprises. Au début d'un couplet, un quatrième groupe s'invita au soleil. C'est après quelques secondes de flottement que mon regard se figea sur Henri-Pierre, mon frère d'âme, ma force vitale. Dans nos regards s'écrivit en direct le récit immatériel de notre respect mutuel. En ces fragments de minutes  s'embrasèrent le spirituel, l'intemporel, l'éternel. Les digues qui retenaient le trop-plein de larmes cédèrent enfin et je me précipitai vers mon ami, l'enserrant dans mes bras. Qu'il est doux le frisson d'amour parcourant l'échine de deux êtres soudés l'un à l'autre.

De plus en plus fébrile, la vue et l'esprit troublés, je reconnus non sans mal Claudine, perruquée et costumée. Ma fidèle Cloclo, avec qui j'ai partagé tant d'instants de vie et de confidences. Séby, en star incontournable derrière ses immenses lunettes noires, applaudissait à ses côtés. Monsieur Charles, vêtu d'un jabador gris, goûtait au bonheur ambiant. Les parents de Stéphane, sa soeur Corinne, Réginald et les petites nièces, venus de Haute-Savoie, ajoutèrent un zest délicieux à mon enchantement. Olivier, le compagnon de voyage de notre escale Péruvienne, prenait photos sur photos, quittant pour quelques rares instant le bras de sa sublime et charmante épouse, Pinar.

Parmi eux, légèrement en retrait pour ne pas s'imposer, magnifique dans ses habits, se tenait le beau Philippe. Emotion intense de revoir celui que je considère comme un frère, navigateur solitaire sur un océan de vie souvent trop déchaîné pour une âme aussi sensible que la sienne. Laisse-toi aider mon Ami, laisse-toi guider, laisse-moi t'aimer. Déraison du bonheur de te revoir. Lydie et Alain complétaient le tableau vivant de tout ces sourires et regards lumineux.

Mes larmes aux multiples facettes, à la fois perles de joie et diamant de tristesse, mais toujours larmes sans concessions, sincères, ne cessaient de rouler le long de mes joues. Félicie et Luciano, véritables anges protecteurs des visions artistiques, avaient quitté leur joli théâtre de Montreuil pour se joindre à l'émouvante assemblée. Je n'oublierai jamais que je leur dois tant. Sans eux, sans leur confiance témoignée maintes fois, je n'aurais certainement jamais repris goût à la photographie, et mes clichés n'orneraient probablement pas mon blog. Rémi et Patricia, êtres adorables et adorés, Nathalie et Cyril s'enivraient également de soleil, de chants et de d'amitié.

Peu de mots peuvent se faire témoins de l'incommensurable émotion ressentie. Mon regard embrassait chaque visage, mon coeur n'était que forteresse de joie. L'amour est moteur de vie, c'est là l'essentiel.


 A suivre...

 

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Episode 3 : l'arrivée

 Véro, Sté, JPP
 
Toujours aveugle, Stéphane me guida en un lieu froid et humide. Des remugles de moisissures, une pierre effleurée versant au creux des doigts quelques larmes de poussière fraîche, nos voix glissant sur les murs avec un léger écho, autant d'éléments devinés qui chatouillèrent le derme de mes interrogations. Étions-nous dans dans une cave, une vieille maison abandonnée ? Dans cet espace exigu, Stéphane me déshabilla prestement et déposa sur mes épaules un tissu dont la noblesse me caressa aussitôt la peau. Par la longueur de la veste, les poids du vêtement, les perles décelées sous la paume de mes mains, je devinai qu'il s'agissait là d'un costume indien.
Je n'avais qu'une hâte, recouvrer la vue et faire le lien entre toutes ces cachoteries et ce que mon esprit me soufflait. Après s'être changé, Stéphane me fit sortir de notre cabine d'essayage aux  rideaux mycélium pour me conduire vers un autre lieu secret.
Un, deux... Sous mes pas, le bitume...
Trois, quatre... Maintenant, de l'herbe sèche...
Cinq, six... Coup de genou contre une voiture stationnée...
« Hé, c'est que je n'y vois rien ! »
Des sons me parvinrent, étouffés : quelques paroles voilées, le petit rire en cascade de ma nièce Juliane. Ma déambulation cessa enfin et la main de Stéphane m'abandonna à l'orée de tous les possibles.
S'invitant dans le silence, un chant d'anniversaire fit bruisser l'air. Avec amusement, je reconnus les voix de ma mère, mon père, Stéphane, Caro, ma soeur et Juliane. A peine le refrain du « Joyeux Anniversaire » évanoui, les premiers accords d'une musique Bollywoodienne que j'affectionne particulièrement vinrent babiller, habiller l'espace sonore.
Mon bandeau me fut alors retiré.
Explosion lumineuse jaillissant soudainement à mes yeux, kyrielle de phosphènes valsant dans les cieux. Ébloui, j'entrevis au bout de quelques instants ceux dont j'avais reconnu la voix. Mon étonnement fut plus grand lorsque je découvris que tout le stratagème de ma non-voyance temporaire m'avait mené à... la maison.

A suivre...

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Episode2 : la veille

bruno

 

Cela faisait plusieurs mois que s'écrivait, en secret, le scénario de mon anniversaire surprise. Stéphane complotait, rassemblait, invitait, cuisinait, fabriquait. Jamais à court d'idées, il façonnait une fête grandiose aux couleurs chatoyantes des saris indiens, aux saveurs épicées de curry, cumin et curcuma, aux musiques entraînantes des films de Bollywood, Et je n'ai rien vu venir. Au royaume des naïfs, je suis bien l'empereur. Il poussa même le vice à me faire visiter les endroits de notre jardin qu'il avait commencé à métamorphoser pour l'occasion. Dissimulé sous des palettes, un bassin zen qu'il avait construit de ses mains n'attendait plus que sa mise en eau. Et je n'ai rien vu. Au royaume des innocents, je suis bien le régent.

Cherchant à tout prix à m'éloigner de la maison la veille de la fête, il usa de subterfuges et d'artifices pour me faire croire que nous allions passer la nuit chez une amie, Caroline. Mordant immédiatement à l'hameçon, je tombai créduli-tête la première dans le guet-apens. Ma charmante hôtesse me fit boire plus que de raison, me condamnant à ne pas reprendre la route, et mon Stéphane, en bon acteur, simula une crise de foie le clouant chez nous, l'empêchant donc de me rejoindre.

Pour être certaine que je n'allais pas prendre la poudre d'escampette, une fois le énième whisky-coca ingurgité, Caro m'entraîna sans trop de résistance dans une folle nuit en discothèque. Au petit matin, les muscles endoloris par nos déhanchements endiablés, je m'endormis en songeant au pauvre malade que je ne soupçonnai pas une seule seconde de n'être qu'imaginaire.

En début d'après-midi, sous prétexte de déjeuner tous ensemble à la maison, Caroline, la comploteuse, la Disco Mata-Hari, me suivit en voiture, envoyant des textos pour prévenir de notre arrivée. Planté au milieu de la route, à quelques encablures de notre longère, Stéphane nous attendait, une écharpe passée autour du cou. Pas une seconde je n'ai songé à l'incongrue parure laineuse qu'il arborait avec amusement alors que la température avoisinait les 30 degrés. Encore une fois, je n'ai rien vu. Au royaume des aveugles, je suis bien le Grand Chancelier. Et aveugle, je n'allais pas tarder à le devenir vraiment.

Sommé de descendre illico-presto de mon scooter, Stéphane me banda les yeux de son écharpe et me fit monter dans la voiture de Caro. Légèrement angoissé par ma cécité nouvelle, et n'en comprenant pas encore le sens, je fus baladé un petit moment, tentant de reconnaître au hasard les chemins qu'empruntait le véhicule. Ma seule certitude : nous nous éloignions inexorablement de la maison. Quelques minutes plus tard, mon carrosse fit halte...

 

A suivre...


 

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40 années de bonheur (épisode 1)

Maman

 

Les anges existent. Ils sont venus me rendre visite samedi dernier.
Par surprise. Une si belle surprise.

Il me faut commencer par le début de l'histoire, un "Il était une fois" si lointain qu'il se perd dans les limbes de ma mémoire. Il y a quarante ans, dans une petite ville de province que peu d'entre vous connaissent débarquait, sur les rives de la vie, un petit bonhomme un peu chétif, un peu colérique aussi que ses parents baptisèrent Bruno. Votre serviteur en ces lieux, au pseudo depuis longtemps adopté : Giorgino.
Comme chaque être vivant, je fis mes premiers pas sur cette terre guidé par l'émerveillement, l'étonnement et le jeu. En témoignent certaines photos que vous aurez l'occasion de voir lors d'un prochain épisode. Chéri par des parents aimants (ci-dessus ma tendre maman), généreux et attentifs, j'ai pu explorer les esquisses de la vie, ses pleins de bonheur et ses déliés mélancoliques. J'en ai suivi les contours crayonnés, au trait parfois si subtil que la frontière avec la grande page blanche, la mortelle amie, me fut presque fatale à l'adolescence. Perdu dans le sfumato d'une existence fantasmée, j'ai longtemps erré à côté de l'essentiel, me cherchant, me troublant, m'ignorant, fuyant ma sensibilité que je prenais pour de la sensiblerie.
Mais, dans le grand dess(e)in de la vie, j'ai aussi croisé le destin d'êtres qui me sont devenus très chers. Il y a ceux que l'on ne remercie jamais assez, tant leur proximité nous fait oublier leur beauté : ma famille, mes soeurs et mon frère, et tous ceux qui sont venus par la suite partager leur chemin. Il y a aussi ceux qui s'imposent à vous, comme une évidence, comme une partie de vous dont vous ignoriez jusqu'alors le manque, l'absence : des amis, des âmes soeurs.
Au fil des années, j'ai pris conscience que la toile de ma vie se dessinait aux pinceaux des multiques et merveilleuses rencontres qu'il m'était donné de vivre.
De l'esquisse, je comprenais enfin le sens. Du croquis, j'en extrayais sans fin l'essence. Le fusain devenait aquarelle, demain devenait lavis, gouache, arabesque.
Et puis, notre existence se jouant souvent des hasards, c'est sur le tableau de ma solitude que Stéphane est venu déposer un point de couleur. L'ange maître, maître d'oeuvre de cet inoubliable week-end...

 

A suivre ;-) 

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Au tréfonds de leurs yeux

Enfant du pérou

Ils nous regardent et nous interrogent. Ils savent. Que pouvons nous leur répondre ? Au coeur de la forêt Amazonienne, ces enfants de la Selva ont le plus beau des royaumes comme terrain de jeux. Ils ont conscience de notre cupidité. Par dessus la canopée leur parvient le murmure lancinant de notre propre mort. Nous arrachons, nous déboisons, nous profitons à court terme de cet inestimable trésor. Au tréfonds de leurs yeux innocents, ce sont des générations de chamanes qui nous contemplent et pleurent sur nos destins d'ignorants.

Ils nous regardent et nous interrogent. Eux, ils savent.

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Voie lactée

Comme un oiseau sur une branche

Oiseaux dans le brouillard, flou télégraphique, pointillés de vie dans le vide... 

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La vie

Perou

Souvenir du Pérou, souvenir de l'un de ces innombrables gamins des rues qui vous laminent le coeur du regard. Instantané. Pas posé. 

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Se croiser

Maroc

Que l'on se croise, que l'on se quitte, que l'on se reconnaisse, que l'on s'ignore, que l'on veuille parfois aller plus loin ou que l'on ne puisse faire qu'un petit bout de chemin, nos destins sont tissés de la même matière. Ici ou à l'infini des frontières, particules errantes et semblant solitaires, nous sommes tous liés comme traits de lumière.

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D'eux

Deep ½

 

A défaut d'avoir du temps pour écrire, au moins puis-je laisser vivre cet espace bulle au gré de mes photos...

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Le bal des saisons

Water road © Bruno Forêt

Sur le duvet printanier des vastes champs marécageux, les frimas laissent encore quelques stigmates irisés. L'hiver peine à tirer sa révérence, préférant pincer sans aucune pudeur bourgeons et jeunes pousses en fleur. Ses pitreries arythmiques n'éclipsent pas l'enthousiasme candide de la nouvelle saison, si joyeusement ingénue qu'un brin d'ivresse fait perdre raison. Dans les campagnes alanguies, sur un sol engourdi, elle envoie valser ses jupons de jonquilles, ses mousselines mimosa et autres taffetas camélia.

Dame Nature, amusée par la partie de cache-cache impromptue que le céleste hiver a conclu, redeviendra bientôt maître de ballet de cette nouvelle année. Il sera temps alors, pour l'innocent printemps, de cesser fariboles et de guider menuet.

 

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Un article dans le monde "réel"

PSD mag

 

Une fois n'est pas coutume, je fais de l'auto promotion... Dans le numéro de février/mars du magazine PSD est paru l'un de mes articles. Comme le sujet est assez spécifique et traite du développement des photos numériques sous Photoshop, je ne vous conseille pas spécialement de vous précipiter dès demain chez votre libraire pour acquitter des 8 euros 50 cts que coûte ce (très cher) magazine ;-)

Par contre, pour mesurer le degré de satisfaction de l'égo (toujours trop présent), la parution d'un article avec sa trombine affichée sur papier glacé est un excellent "thermomètre"... En ce qui me concerne, je n'ai ni vidé le stock de magazines chez mon libraire, ni téléphoné à mes amis pour leur annoncer l'exceptionnelle nouvelle. Ouf, aurais-je pu croire, l'honneur est sauf. Sauf que, justement, la publication de ce billet sur mon blog atteste que mon égo s'agite quand même un peu dans mon bocal mental... Mea culpa ;-) 

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Pensées pour toi...

Exceptionnellement, pas de photo liée à cet article. Article que j'écris à la volée, sans réflexion, sans décoration, dans l'instant et l'urgence... Car un ami vient de me téléphoner, bouleversé, en larmes... Car cet ami est l'un des êtres qui compte le plus dans ma sphère de vie... Car cet ami, pour la plupart d'entre vous, lecteurs fidèles de son blog, vous le connaissez également. Je souhaite qu'ensemble, nous ayons une tendre pensée pour lui. Henri-Pierre, âme céleste, réchauffe ton coeur à la lueur de notre amour. Puisse t-il rayonner de mille feux en ces moments enténèbrants que tu traverses. Dans cette difficile épreuve que tu es en train de vivre, sache que je serai toujours à tes côtés. Je t'aime infiniment.

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Les illusions ont disparu de mon arbre de vie

Route gelée © Bruno Foret

Aujourd'hui, c'est la fin d'un rêve. Lorsque j'ai quitté Paris, il y a un an et demi, j'emportais dans mes bagages l'espoir d'une nouvelle vie, la volonté des bâtisseurs, la curiosité des nouveaux nés. Sur la route nouvellement pavée de mes bonnes résolutions, je m'associais à un ami pour créer notre boîte de com. Tous les jours, je prenais enfin la mesure du bonheur éprouvé lorsque le travail correspond parfaitement à nos passions. Peu à peu, je souriais de nouveau à la vie. Je retrouvais même le chemin de mon blog. Mais aujourd'hui, le brillant éclat joyeux s'est terni. Aujourd'hui, devant un tribunal de commerce, l'aventure prend fin.

Je me retrouve donc seul, dans la tourmente. Seul, face à mon écran et mes désirs gelés. Il me faut rechausser mes bottes de sept lieues et tenter de prendre un nouveau départ. Mais les interrogations sont nombreuses. Dois-je poursuivre mon chemin professionnel en solitaire, et continuer à proposer mes services aux entreprises désireuses de nouveaux visuels, d'identité, quitte à enchaîner nuits-blanches et soucis financiers ? Dois-je plutôt me raisonner en trouvant un poste, dans n'importe quelle branche, qui puisse m'assurer un contrat stable ?

Lorsque les rêves s'achèvent, les réveils sont douloureux.

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Bonne heure

Happy New Year

Bien que ce ne soit plus tout à fait l'heure, mais avant qu'il ne soit trop tard, je tenais à ajouter ma voix au choeur de voeux formulés en vous souhaitant une belle et heureuse année 2009. Même si l'argent est votre unique but dans la vie, même si la réussite professionnelle est votre seule passion, même si l'espoir de trouver le prince charmant est votre raison de vivre, je ne rêve pour vous que d'une seule chose : le bonheur, dans toute sa simplicité. Que 2009 ne soit pas le cortège de peurs que l'on nous promet. Et si jamais l'adversité pointe le bout de son nez, que vous ayez tous la force de vous y soustraire.

A tous les angel, henri pierre, sté, valérie, christophe, sophie, julien, caro, claudine, charles, marion, anne so, isa, mariline, najib, kevin, jacqueline, claude, catherine, jean paul, rémi, juliane, brigitte, christine, jean luc, jean marc, marc, jean christophe, nicolas, céline, corinne, thérèse, jacques, martine, delphine, frédéric, guy, lauri, mélanie, patricia, sébastien, et à tous les milliards d'êtres sur terre, je souhaite la plus pétillante des années.

Avec cette photo, je pose la première pierre d'une série de posts qui jalonneront le récit de mon fabuleux voyage à Marrakech. Un immense merci à mon grand ami Henri Pierre et à Charles pour leur patience et leur amour.

 

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Le bonheur de l'instant

Marais

 Tous les jours, tel un chevalier des temps modernes, je parcours des chemins "oubliés", tranquillement installé sur l'échine de mon scooter. Chaque jour, j'ai l'immense bonheur d'en prendre plein les yeux avant d'arriver au boulot. Au détour d'un virage, c'est un héron qui s'envole lentement et majestueusement. Sur l'ourlet de l'horizon, c'est un chapelet de nuages qui souligne avec élégance la beauté de l'éphémère. Dans les fondrières, c'est un nappage de brume qui vient enlacer les hautes herbes. Tout est matière à émerveillement, tout est merveille.

Il m'arrive trop souvent d'oublier mon appareil photo. Alors je peste, tout le long du voyage, contre ma maladresse légendaire, contre mon manque de discernement, contre ma tête de linotte, contre ce ciel devenu si splendide aujourd'hui alors qu'il était si quelconque hier. Et parfois, par chance, j'ai mon "oeil numérique" avec moi. Alors je prends mon temps... Le temps de m'arrêter en chemin, le temps de regarder, le temps de humer, le temps de me réjouir, le temps de choisir l'endroit, la lumière, le cadre. Et je repars pour quelques kilomètres, avant d'être happé de nouveau par un paysage sublime.

C'est là mon bonheur, ma liberté. 

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Hommage (3)

AD

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Hommage (2)

AD

Quand le temps s'est arrêté, les anges ont soupiré.

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Hommage

AD

Ce matin, à la sortie d'un virage, sur une route déserte traversant les marais d'Audubon, j'ai découvert un autel improvisé. Sur l'écorce tourmentée d'un arbre flottaient quelques chérubins, les ailes figées, leur vol suspendu. A hauteur de regard était épinglée la photo d'un jeune homme, très certainement décédé au pied de cet arbre, en avril 2007. Il avait tout juste 20 ans. Des mots simples et poignants étaient écrits à même le bois. Mots d'une mère, que j'ai capturés, et auxquels je rends hommage ici en publiant quelques clichés de cet émouvant mausolée. Puisse t'il reposer en paix.

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Giorginorigami

Giorgino

Je me sens d'humeur joueuse aujourd'hui. Je découpe et entame au cutter de petits bouts de papier. Sur mon bureau les crayons et les ciseaux guident mes mains. Pas envie de travailler, de faire tourner les méninges. Surchauffe. Envie de travaux manuels, de brouillons et de n'importe quoi. Sous mes doigts, un tube jaune me défie. Je décapsule, décapuchonne, décachète. Aussitôt, les fragrances du bâton de colle s'amusent avec ma mémoire, me scotchant de nouveau aux bancs de l'école, réveillant en moi des désirs d'origami, d'ombres chinoises, de découpages. D'un coup de lame j'enrubanne mon portrait à une silhouette qui prend la pose. Clic clac me voilà dans la boîte. La récré est terminée.

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Diaphane

Perdu de Bruno Forêt

Matins de porcelaine, réveils cristallins. A peine le pied posé hors du lit embrouilloné, mes pensées sont de suite courtisées par les visions nacrées de l'horizon familier rendu à sa légèreté. Chaque brume automnale glisse un bonheur diaphane dans mon coeur opalin. Nul doute que j'oscille entre vie et trépas sur les gouttes irisées des brouillards glacés. Et si nos longs chemins s'enluminaient d'éphémère ?

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Petit reflet d'impermanence

Viser de Bruno Forêt

Rien ne dure vraiment. Surtout pas cet instant fugace pendant lequel mes pensées se sont assemblées pour écrire les premières lignes de ce billet. Pas même la lente construction de mes actions qui ont fait naître l'être que je suis. Chaque chose porte en elle-même les germes de sa propre fin. Au moment même où l'on pousse notre premier cri, la mort pointe déjà son arme sur nous. C'est ainsi. Point d'amertume, point de désespoir. Chaque seconde devrait être vécue en pleine confiance, car cette loi de l'impermanence nous rappelle qu'il est vain de s'acharner à désirer ce qui ne peut durer.  

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Mettre fin au silence

Enfer de Bruno Forêt

Quel bonheur de partager un silence. Il peut souligner la légèreté de l'être, apaiser les vagues à l'âme, favoriser une communication qui se fiche bien des mots. A l'inverse, quand il s'affirme obscur et incompris, il peut générer doutes et douleurs, ciseler l'étau qui enserre en nos coeurs le poids de la distance. Parce que j'ai usé de l'un et abusé de l'autre, parce qu'il m'est insupportable de perdre dans ma brume ceux que j'aime, je reviens divaguer sur cette bulle d'internet et parsemer de photos mes errances figuratives. A ceux qui ont eu le courage d'attendre, à tous ceux qui viendront poser leurs valises numériques ici, je souhaite une belle promenade.

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Etre là, sans être las...

J'exagère... Mon dernier article date de janvier... Comme si ma vie s'était arrêtée avec cette chute inéluctable. Pourtant je suis bien là, parfois las, mais toujours empli d'une soif de vivre. Tant de choses ont changé depuis Janvier. Une nouvelle ville pour accueillir mes errances, un nouveau travail pour trahir mes carences, une belle maison peuplée de papillons pour nicher mes silences. Les nouveautés me font tant tourner la tête que j'en oublie mon petit carré de web, mon espace rendu vital. Ne me manque plus qu'un nouveau souffle pour entamer une renaissance sur mon blog. Promis, j'inspire...

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Chut

Chute © Bruno Forêt

La chute est inéluctable.
Que ce soit sur les zébras d'un verre déjà brisé, sur le derme usé d'un trottoir que les bouches d'égout ont criblé d'acné, que ce soit sur le moelleux coutil de notre lit douillet, sur le mâchefer de notre piste de misère ou dans la boue de profondes fondrières, viendra le moment où il nous faudra chuter…
et lâcher prise...

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Rayer la mention

Coeur © Bruno Forêt

Viens passer mon petit test
Eprouver ton savoir plaire
C’est l’heure de chercher l’erreur

Langue de bois et cœur de fer
Si tu me mens c’est l’enfer
C’est l’heure de trouver l’erreur

Petit a) Je déraisonne
Petit b) Toi tu déconnes
Trois petits tours… s’ennuie l’amour
Petit c) Je vis trop sage
Petit d) Toi t’envisages
L’amour ailleurs… ainsi s’en va le meilleur

Refrain
Il te faut rayer de ton vocabulaire
Tous ces traits d’union pointillés d’adultère
Faisons le décompte
C’est tout
Règlements de compte
1 partout…
Ta fidélité n’a plus de caractère
Je mets en suspens les poings et les colères
Faisons le décompte
C’est tout
Règlements de compte
2 partout…

Viens remplir mon formulaire
Tout l’art est dans la manière
C’est l’heure de revoir l’épreuve
Croise les bras et croise le fer
Tu es maître en la matière
C’est l’heure de montrer les preuves

Petit a) Je m’abandonne
Petit b) Toi t’emprisonnes
Trois petits tours… s’enfuit l’amour
Petit c) Je déménage
Petit d) Toi tu ménages
L’amour ailleurs… ainsi s’en va le meilleur


© Bruno Forêt (2003)

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En solde

Grand Palais © Bruno Forêt

Comme scape sur son blog, ce mois de janvier me laisse sans voix. Tout est soldé, même l'humanité. Ca me laisse pantois. Devant les étals, les sourires se mêlent aux crises de nerfs… Les rabais ont certainement eu raison des dernières onces de respect. Aux infos, fini le combat médiatique des sans-abris, vive la ronde hypnotique des commerçants, invariablement heureux pendant les soldes, malheureux le reste de l'année. Priez pour eux, sainte Cathode…

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Au fil des limbes

Mort © Bruno Forêt

Dis, quand viendras-tu me chercher ?
T'ai-je tant désiré que je ne saurai même plus te reconnaître, à l'heure où tu te faufileras à mon chevet ?
Derrière ce voile amer que tu fais glisser sur ma vie, sauras-tu m'adresser un dernier sourire ?
Dis, seras-tu, jusqu'à l'ultime inspiration, maîtresse de mon destin ?

Au cœur de l'immensité limbique dans laquelle tu souhaites me perdre, m'aideras-tu à retrouver la voie, mon Ariane aux désirs labyrinthiques ?
Dis, quand viendras-tu me chercher ?

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L'enfance, ma muse

Anna © Bruno Forêt

Si j'avais su l'absence que le Temps sans clémence inflige à mes sens, si j'avais su l'influence que les liens de l'enfance insufflent à ma conscience, si j'avais su les carences que le manque de confiance greffe à mon existence, jamais je n'aurais lâché la main de l'enfant que je fus.
Et pourtant je continue de semer, dans le substrat de ma vie, les graines de l'innocence.
Au fil de mes photos germent encore, ça et là, la candeur et la fraîcheur de mes premiers regards.

Quand un enfant s'émerveille, c'est tout un monde qui se découvre.

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Ecrin

Phèdre © Bruno Forêt

Qu'il nous soit donné de voir, au creux de nos mains, la beauté de toute chose.
Qu'il nous soit possible de caresser, des vallons de nos paumes, la soie de la vie.
Qu'il nous soit accordé le temps, avant de refermer les poings, de recueillir le souffle de l'essentiel.

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Photos d'août 2006

Retrouvez ici la sélection de photos ayant illustré le mois d'août

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En route vers l'inconnu

De la route au ciel © Bruno Forêt

Année nouvelle, route inconnue, véhicule de nos passions, de nos errances, de nos vies. Au détour d'un virage, l'espoir, l'incertitude, la découverte, la mort, le renouveau, et toujours le même chemin à suivre.

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Nietzsche

"... ce qui ne te tue pas te rend plus fort..."

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Le coeur a ses raisons

J'imagine que vous connaissez déjà tous cette vidéo (j'ai toujours 3 wagons de retard), mais comme je la trouve vraiment très drôle et très vraie (vive les messageries vocales), je lui fais une petite place sur mon blog. Il s'agit d'un extrait d'une série populaire au Canada et parodiant les soap américains : "Le coeur a ses raisons". A quand une diffusion en France ?

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A B.

Chrystoval © Bruno Forêt

Je pense à toi, dormant au royaume des morts. Je pense à toi si souvent. Je pense aux mots que je n'ai su libérer alors que la parole aurait pansé tes plaies. Je pense à ces instants idiots que l'on encombre de vacuité et qui restent éternellement vides lorsque l'autre nous a quitté. Je pense au sort bien malicieux qui glisse sur nos petites destinées et qui fait qu'un jour ou l'autre l'on se retient, et qui fait qu'un jour ou l'autre l'on s'éteint.

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Pause musique

Dans la série "Bruno découvre la vie", voici l'épisode 310.012.523 intitulé "Bruno découvre You Tube"... J'en profite donc pour partager avec vous ce clip de Moby que je trouve magnifique. Est-ce dû à l'emploi astucieux de "vieilles" photographies, à ces lettres 3D-ifiées en balade dans un univers en 2D ? A vous de voir.

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Les insomnies de nono (part 2)

Le rôdeur © Bruno Forêt

19 heures... Ouf, maison... Fatigué après une nuit d'insomnie... Mmmm dodo tôt... Driiiinnnggg..."Allo, çavaouiettoiqu'estcequetudeviens ?"... Blablablablabla... "Allez passe nous voir"...Gniaaa, ok d'accord mais vite fait parce que fatigué pas dormi etc... Blang blang blang, XX@@### de métro... Teuf teuf teuf monter escaliers... Ding Dong "Saaaaaalllllluuuuttttttt nono"... Smack smack... Blablabla... Glouglou... Blablabla... Miam miam... Tic tac minuit... Ouh la la supeeerrr tard dodo fatigué pas dormi... Smack smack... "Allllleeeeez sallluuuuuutttt"... Bla bla bla... Smack smack... Tic tac minuit trente... Gniaaa dernier métro... Teuf teuf courrir... Blang blang blang, ouf dernier métro... Teuf teuf monter escaliers... "Bruuuuuunnnnooooooooo !!! Coooollll. Allez viiiennnnsss boire un verre"... Grumpf vite fait parce que fatigué pas dormi... Smack smack... Blablabla... Glouglou... Tic tac une heure... Gniaaa super tard vaispartirparcequelàc'estpaspossiblesuistropnazeçavapaslefairedemainauboulot... Smack smack... Blablabla... Smack smack... Tic tac deux heures, jboiiiing : mon LIT !... Glagla trop froid remonter draps... Tic tac trois heures... Pfiou trop chaud enlever draps... Tic tac quatre heures... Blablabla pensées pensées pensées... Gniiiiaaa... Tic tac cinq heures... Ouh lala super tard faitchiercespenséesdem... Tic tac six heures... Oh salut Morphée, ça va ?... Smack smack dodo... Zzzzzzzzz... Driiiinnngg... Sept heures...
Gniiia ???

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Photos de juillet (2006)

Ah... Le tout petit mois de Juillet avec ses deux malheureuses photos...

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Ecouter la lumière...

Ecouter la lumière © Bruno Forêt

La Nature est d'une richesse infinie. Grâce à elle, mes sens se brouillent.
Et quand j'appuie sur le déclencheur de mon appareil photo, j'écoute la lumière, je m'éblouis aux sons, je respire ce qu'elle m'inspire.

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Rien du tout

Propriété privée © Bruno Forêt

Récemment, l'air de rien, j'ai fini par accepter de ne plus me considérer comme un moins que rien. Ce non-événement étant suffisamment important pour moi, j'avais donc décidé de renommer mon blog "Le Blog du Rien". Mes articles faisant sans cesse écho à ces petits riens quotidiens qui ne mènent à rien, je trouvais ce nouveau nom un rien approprié. Rien qu'à y songer, je sentais une vague d'excitation envahir mes riens… euh, pardon : mes reins !
Bref, l'idée me plaisait et il ne me manquait plus rien pour achever mon projet. Si ce n'est que tout à coup, en tournant les pages virtuelles de mon blog, je pris conscience que celui-ci parlait de tout. Tout ce qui m'obsède tatouait l'épiderme de mes posts, tous mes maux tabous étant surtout de formidables atouts pour évoquer toujours les tourbillons insensés de ma vie-toupie. Risquant le tout pour le tout, je songeais alors à renommer mon blog "Le Blog du Tout", mais le tout petit soupçon de prétention contenu dans ce titre toucha désagréablement mon humilité. Tout à mon intense dilemme, je sentais une vague d'énervement s'exprimer dans mon tout… euh, pardon : ma toux !
Il me fallait choisir : c'était "tout" ou "rien".
Finalement, mine de rien, toute la vérité s'imposa à moi. Il me fallait conserver son nom à mon blog.
Ainsi, je pourrais tranquillement continuer à y déposer ces "tout" petits "riens" qui me constituent.

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Buzz Buzz

L'esprit un peu cotonneux, légèrement grisé par quelques verres de vin, j'attends mon métro qui se fait désirer. Toujours cette horripilante ligne 2. La bleue. La lente. La désespérante. Déjà, lorsque je prenais mes cours de Yoga à Belleville, je devais patienter dix bonnes minutes avant de voir arriver la rame (zen, bruno, zen). Dix minutes, ce n'est pas grand chose, sauf que ces 10 minutes là s'ajoutaient fatalement à mes 10 minutes de retard réglementaire. Et puis, attendre 10 minutes sur un quai, c'est dix fois plus de risques de se faire agresser par une mamie en folie, dix fois plus l'occasion de compter dix fois plus de souris batifolant sur les rails, dix fois plus l'envie de partir élever des chèvres dans le Larzac, dix fois plus le désir psychotique de shooter dans les haut-parleurs scandant d'une voix nasillarde qu'il faut faire attention à ses effets personnels. Je fais ce que je veux de mes effets personnels d'abord !
Mon métro débarque enfin. Je vais pouvoir m'éloigner de ce gars un peu louche qui vient de passer son temps à cracher et expulser son mucus nasal en prenant soin de badigeonner ses humeurs visqueuses sur les rampes de tous les escaliers... Sympa ! Pourquoi faut-il toujours que les mecs les plus dégueulasses se frayent un chemin jusqu'à moi ? J'attends qu'il choisisse son wagon pour monter dans un autre. Je mets de la distance entre ses fluides et moi (on n'est jamais trop prudent).
Enfin tranquille, je m'assieds sur une large banquette couleur chocolat fondu et m'apprête à rebondir joyeusement entre deux cahots quand je suis soudainement extirpé de mes rêveries alcoolisées par des cris sauvages. Me tordant le cou au risque d'attraper le torticolis du siècle, je tente de comprendre d'où provient la source de ces barrissements. Point d'éléphants en vue, juste un groupe d'américains et caines qui s'ébattent bruyamment, agitant leur corps tuba dans des ponchos jaunes siglés Eurodisney. Pourquoi faut-il toujours que les touristes les plus "animés" viennent s'animer derrière moi ?
Pour me venger, je jette dans mon carnet les "@@xxkfhgh@@" et les "XX&##&$$@" que ne manquent pas d'éveiller en moi les agissements de mes furieux voisins. Et pour me consoler, je repense à la délicieuse soirée passée en très agréable compagnie. Une petite danse des saveurs a su réveiller l'ardeur de mes papilles gustatives. Le caviar d'avocat a précédé le suprême de rouget aux spaghettis de légumes. Le tout fut magnifiquement conclu par un délice de pêches marinées au vin rouge et relevées à la menthe. Croyez-moi, j'ai fait honneur aux plats, tout en écoutant mon aimable hôte me parler de ses passions, me confier la foi en ses nouveaux projets, évoquer quelques jalons de sa vie. Un grand merci à Buzz Buzz pour ce très beau et très bon dîner.

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Mortel plongeon

Mortel plongeon © Bruno Forêt

Métro parisien. Jour ordinaire, gens ordinaires, "je" ordinaire. Chaleur étouffante. Comme tous les étés. Les pneus grincent, les crochets d'attelage s'entrechoquent, les portes s'ouvrent. Je pénètre dans le wagon. Place libre. Je m'assieds. A l'opposé, sur la banquette attenante, un homme. Penché vers l'avant. Ses yeux ne sont que deux fentes. A peine ouvertes sur le monde. Contre son bras, comme une excroissance, un petit tube. Plastique noirci. Par la fumée. Par la mort qui s'inhale. Par la vie qui s'exhale. Ses ongles, pinces, étaux, outils, coupent, grattent, écorchent, émiettent sa drogue. C'est un fumeur. De crack. La chair de ses avant-bras est marquée. Toiles d'araignées cicatricielles. Impacts d'auto flagellation. Violence du manque, permanence de la dépendance, perdition de l'âme en errance. Sur l'oreille, une cigarette, bien calée. Et le corps. Courbé. Une esse. Autour de lui, malgré lui, c'est la vie. Des voyageurs passent. S'arrêtent, se rendent compte, et fuient. Des enfants s'assoient, aussitôt repêchés par leurs parents horrifiés, aussitôt éloignés. Lui. Ne bronche pas. Ne bouge pas. S'en fout. Les pneus grincent, les crochets d'attelage s'entrechoquent, il se lève. Corps massif. Il le trimballe comme un sac trop lourd. Les portes s'ouvrent. Il sort. Sur la banquette, des particules de sa came, éparpillées. Comme sa vie. Une femme prend place et balaie le tout d'un geste de la main. Les particules s'évaporent, frôlent l'envol mais tombent, sur le sol. Comme lui.

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American blonde power

Il est facile de céder aux sirènes (blondes) des blagues à la mode, mais je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous ce petit moment d'humour.

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Enseignement

"Tout comme le vaste océan n’a qu’un seul goût, le goût du sel,
de la même manière, mon enseignement n’a qu’un seul goût :
le goût de la liberté !"
Le Bouddha.

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Pêle mêle

Pêle-mêle © Bruno Forêt

Entraver les idées,
Enchevêtrer la moindre pensée,
Emmêler les fils de la logorrhée,
Délier le cœur de ses inégalités
Mais toujours dénouer.
Ne pas laisser les flots de l'intempérance anxieuse s'offrir une attache, un ancrage, une amarre dans le port des envies délictueuses.
Ne pas lésiner sur les mots pour dire merci à ceux qui offrent une écoute, un temps, une présence infiniment précieuses.

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Cache cache

Vertèbres © Bruno Forêt

Pensées surjetées sur mon cahier d'écolier. L'écriture est un masque. Les effets de style sont de bien belles impostures qui permettent de cacher sous une rhétorique imagée l'implacable vérité qu'on ne saurait dévoiler. Quand les mots se font parures, le déguisement du quotidien est un peu plus seyant.

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Photos de juin (2006)

Seulement deux photos postées en juin... Mon cas s'aggrave ;-)

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Photos de mai (2006)

Avec beaucoup de retard, voici la sélection de photos ayant illustré mon joli mois de mai.

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L'âme vague

Mur murs © Bruno Forêt

Le métro brinquebalant déversait ses grappes de touristes à la station Pigalle. Absorbé par la lecture du journal intimidant d'un jeune auteur canadien, j'ignorais les regards désabusés, les soupirs en coin et les corps terrassés par la chaleur. Peut être à cause d'un mot au détour d'une ligne, d'un grain sur le papier ou peut être à cause de rien, j'interrompais un court instant ma lecture et laissais vagabonder mon regard le long des chromes fatigués de mon wagon métropolitain. Quand soudain, sans y penser, sans prévenir, une phrase vint s'échouer sur le rivage de mon vagabondage :

"Ce qui m'a rendu fou, c'est de croire que je ne l'étais pas."

J'aime ces phrases qui viennent se poser, inopinément, à la surface de l'esprit, troublant la clarté des pensées comme autant de ronds dans l'eau. Elles font rouler les mots, petits galets polis dans le lit des émotions, sans aucune raison apparente. Elles mènent leur propre vie, indépendantes. Libérées des contraintes de la réflexion, elles sont sources d'imagination.
Cette phrase m'a plu.
Je l'ai capturée dans les filets de ma mémoire, l'arrachant pour une brève éternité aux flots continus de mes pensées dérisoires.

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Cheval d'orgueil, cheval d'envie

Conte d'isia © Bruno Forêt

Quand la lune caresse
L’horizon de tes seins
Quand mon doigt se promène
De ta nuque à tes reins
Dévoilant les secrets
De ta peau mise à nu
Dérobant ton amour
Entre toutes tes vertus.

Quand mon cœur se fissure
A l’écho de ta voix
Quand mes bras se font sûrs
Dans l’étau de tes draps
Effeuiller doucement
L’iris de tes yeux
S’abandonner sans fards
A l’ivresse de nos jeux.

Quand les plaines de ton corps
Ondulent sur ma peau
Quand tes mouvements deviennent
Des instants rares et beaux
S’échappe d’entre tes lèvres
S’éloigne entre deux cris
Un cheval d’orgueil
Un cheval d’envie.

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