giorgino

Le bal des saisons

Water road © Bruno Forêt

Sur le duvet printanier des vastes champs marécageux, les frimas laissent encore quelques stigmates irisés. L'hiver peine à tirer sa révérence, préférant pincer sans aucune pudeur bourgeons et jeunes pousses en fleur. Ses pitreries arythmiques n'éclipsent pas l'enthousiasme candide de la nouvelle saison, si joyeusement ingénue qu'un brin d'ivresse fait perdre raison. Dans les campagnes alanguies, sur un sol engourdi, elle envoie valser ses jupons de jonquilles, ses mousselines mimosa et autres taffetas camélia.

Dame Nature, amusée par la partie de cache-cache impromptue que le céleste hiver a conclu, redeviendra bientôt maître de ballet de cette nouvelle année. Il sera temps alors, pour l'innocent printemps, de cesser fariboles et de guider menuet.

 

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Un article dans le monde "réel"

PSD mag

 

Une fois n'est pas coutume, je fais de l'auto promotion... Dans le numéro de février/mars du magazine PSD est paru l'un de mes articles. Comme le sujet est assez spécifique et traite du développement des photos numériques sous Photoshop, je ne vous conseille pas spécialement de vous précipiter dès demain chez votre libraire pour acquitter des 8 euros 50 cts que coûte ce (très cher) magazine ;-)

Par contre, pour mesurer le degré de satisfaction de l'égo (toujours trop présent), la parution d'un article avec sa trombine affichée sur papier glacé est un excellent "thermomètre"... En ce qui me concerne, je n'ai ni vidé le stock de magazines chez mon libraire, ni téléphoné à mes amis pour leur annoncer l'exceptionnelle nouvelle. Ouf, aurais-je pu croire, l'honneur est sauf. Sauf que, justement, la publication de ce billet sur mon blog atteste que mon égo s'agite quand même un peu dans mon bocal mental... Mea culpa ;-) 

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Pensées pour toi...

Exceptionnellement, pas de photo liée à cet article. Article que j'écris à la volée, sans réflexion, sans décoration, dans l'instant et l'urgence... Car un ami vient de me téléphoner, bouleversé, en larmes... Car cet ami est l'un des êtres qui compte le plus dans ma sphère de vie... Car cet ami, pour la plupart d'entre vous, lecteurs fidèles de son blog, vous le connaissez également. Je souhaite qu'ensemble, nous ayons une tendre pensée pour lui. Henri-Pierre, âme céleste, réchauffe ton coeur à la lueur de notre amour. Puisse t-il rayonner de mille feux en ces moments enténèbrants que tu traverses. Dans cette difficile épreuve que tu es en train de vivre, sache que je serai toujours à tes côtés. Je t'aime infiniment.

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Les illusions ont disparu de mon arbre de vie

Route gelée © Bruno Foret

Aujourd'hui, c'est la fin d'un rêve. Lorsque j'ai quitté Paris, il y a un an et demi, j'emportais dans mes bagages l'espoir d'une nouvelle vie, la volonté des bâtisseurs, la curiosité des nouveaux nés. Sur la route nouvellement pavée de mes bonnes résolutions, je m'associais à un ami pour créer notre boîte de com. Tous les jours, je prenais enfin la mesure du bonheur éprouvé lorsque le travail correspond parfaitement à nos passions. Peu à peu, je souriais de nouveau à la vie. Je retrouvais même le chemin de mon blog. Mais aujourd'hui, le brillant éclat joyeux s'est terni. Aujourd'hui, devant un tribunal de commerce, l'aventure prend fin.

Je me retrouve donc seul, dans la tourmente. Seul, face à mon écran et mes désirs gelés. Il me faut rechausser mes bottes de sept lieues et tenter de prendre un nouveau départ. Mais les interrogations sont nombreuses. Dois-je poursuivre mon chemin professionnel en solitaire, et continuer à proposer mes services aux entreprises désireuses de nouveaux visuels, d'identité, quitte à enchaîner nuits-blanches et soucis financiers ? Dois-je plutôt me raisonner en trouvant un poste, dans n'importe quelle branche, qui puisse m'assurer un contrat stable ?

Lorsque les rêves s'achèvent, les réveils sont douloureux.

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Bonne heure

Happy New Year

Bien que ce ne soit plus tout à fait l'heure, mais avant qu'il ne soit trop tard, je tenais à ajouter ma voix au choeur de voeux formulés en vous souhaitant une belle et heureuse année 2009. Même si l'argent est votre unique but dans la vie, même si la réussite professionnelle est votre seule passion, même si l'espoir de trouver le prince charmant est votre raison de vivre, je ne rêve pour vous que d'une seule chose : le bonheur, dans toute sa simplicité. Que 2009 ne soit pas le cortège de peurs que l'on nous promet. Et si jamais l'adversité pointe le bout de son nez, que vous ayez tous la force de vous y soustraire.

A tous les angel, henri pierre, sté, valérie, christophe, sophie, julien, caro, claudine, charles, marion, anne so, isa, mariline, najib, kevin, jacqueline, claude, catherine, jean paul, rémi, juliane, brigitte, christine, jean luc, jean marc, marc, jean christophe, nicolas, céline, corinne, thérèse, jacques, martine, delphine, frédéric, guy, lauri, mélanie, patricia, sébastien, et à tous les milliards d'êtres sur terre, je souhaite la plus pétillante des années.

Avec cette photo, je pose la première pierre d'une série de posts qui jalonneront le récit de mon fabuleux voyage à Marrakech. Un immense merci à mon grand ami Henri Pierre et à Charles pour leur patience et leur amour.

 

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Le bonheur de l'instant

Marais

 Tous les jours, tel un chevalier des temps modernes, je parcours des chemins "oubliés", tranquillement installé sur l'échine de mon scooter. Chaque jour, j'ai l'immense bonheur d'en prendre plein les yeux avant d'arriver au boulot. Au détour d'un virage, c'est un héron qui s'envole lentement et majestueusement. Sur l'ourlet de l'horizon, c'est un chapelet de nuages qui souligne avec élégance la beauté de l'éphémère. Dans les fondrières, c'est un nappage de brume qui vient enlacer les hautes herbes. Tout est matière à émerveillement, tout est merveille.

Il m'arrive trop souvent d'oublier mon appareil photo. Alors je peste, tout le long du voyage, contre ma maladresse légendaire, contre mon manque de discernement, contre ma tête de linotte, contre ce ciel devenu si splendide aujourd'hui alors qu'il était si quelconque hier. Et parfois, par chance, j'ai mon "oeil numérique" avec moi. Alors je prends mon temps... Le temps de m'arrêter en chemin, le temps de regarder, le temps de humer, le temps de me réjouir, le temps de choisir l'endroit, la lumière, le cadre. Et je repars pour quelques kilomètres, avant d'être happé de nouveau par un paysage sublime.

C'est là mon bonheur, ma liberté. 

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Hommage (3)

AD

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Hommage (2)

AD

Quand le temps s'est arrêté, les anges ont soupiré.

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Hommage

AD

Ce matin, à la sortie d'un virage, sur une route déserte traversant les marais d'Audubon, j'ai découvert un autel improvisé. Sur l'écorce tourmentée d'un arbre flottaient quelques chérubins, les ailes figées, leur vol suspendu. A hauteur de regard était épinglée la photo d'un jeune homme, très certainement décédé au pied de cet arbre, en avril 2007. Il avait tout juste 20 ans. Des mots simples et poignants étaient écrits à même le bois. Mots d'une mère, que j'ai capturés, et auxquels je rends hommage ici en publiant quelques clichés de cet émouvant mausolée. Puisse t'il reposer en paix.

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Giorginorigami

Giorgino

Je me sens d'humeur joueuse aujourd'hui. Je découpe et entame au cutter de petits bouts de papier. Sur mon bureau les crayons et les ciseaux guident mes mains. Pas envie de travailler, de faire tourner les méninges. Surchauffe. Envie de travaux manuels, de brouillons et de n'importe quoi. Sous mes doigts, un tube jaune me défie. Je décapsule, décapuchonne, décachète. Aussitôt, les fragrances du bâton de colle s'amusent avec ma mémoire, me scotchant de nouveau aux bancs de l'école, réveillant en moi des désirs d'origami, d'ombres chinoises, de découpages. D'un coup de lame j'enrubanne mon portrait à une silhouette qui prend la pose. Clic clac me voilà dans la boîte. La récré est terminée.

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Diaphane

Perdu de Bruno Forêt

Matins de porcelaine, réveils cristallins. A peine le pied posé hors du lit embrouilloné, mes pensées sont de suite courtisées par les visions nacrées de l'horizon familier rendu à sa légèreté. Chaque brume automnale glisse un bonheur diaphane dans mon coeur opalin. Nul doute que j'oscille entre vie et trépas sur les gouttes irisées des brouillards glacés. Et si nos longs chemins s'enluminaient d'éphémère ?

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Petit reflet d'impermanence

Viser de Bruno Forêt

Rien ne dure vraiment. Surtout pas cet instant fugace pendant lequel mes pensées se sont assemblées pour écrire les premières lignes de ce billet. Pas même la lente construction de mes actions qui ont fait naître l'être que je suis. Chaque chose porte en elle-même les germes de sa propre fin. Au moment même où l'on pousse notre premier cri, la mort pointe déjà son arme sur nous. C'est ainsi. Point d'amertume, point de désespoir. Chaque seconde devrait être vécue en pleine confiance, car cette loi de l'impermanence nous rappelle qu'il est vain de s'acharner à désirer ce qui ne peut durer.  

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Mettre fin au silence

Enfer de Bruno Forêt

Quel bonheur de partager un silence. Il peut souligner la légèreté de l'être, apaiser les vagues à l'âme, favoriser une communication qui se fiche bien des mots. A l'inverse, quand il s'affirme obscur et incompris, il peut générer doutes et douleurs, ciseler l'étau qui enserre en nos coeurs le poids de la distance. Parce que j'ai usé de l'un et abusé de l'autre, parce qu'il m'est insupportable de perdre dans ma brume ceux que j'aime, je reviens divaguer sur cette bulle d'internet et parsemer de photos mes errances figuratives. A ceux qui ont eu le courage d'attendre, à tous ceux qui viendront poser leurs valises numériques ici, je souhaite une belle promenade.

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Etre là, sans être las...

J'exagère... Mon dernier article date de janvier... Comme si ma vie s'était arrêtée avec cette chute inéluctable. Pourtant je suis bien là, parfois las, mais toujours empli d'une soif de vivre. Tant de choses ont changé depuis Janvier. Une nouvelle ville pour accueillir mes errances, un nouveau travail pour trahir mes carences, une belle maison peuplée de papillons pour nicher mes silences. Les nouveautés me font tant tourner la tête que j'en oublie mon petit carré de web, mon espace rendu vital. Ne me manque plus qu'un nouveau souffle pour entamer une renaissance sur mon blog. Promis, j'inspire...

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Chut

Chute © Bruno Forêt

La chute est inéluctable.
Que ce soit sur les zébras d'un verre déjà brisé, sur le derme usé d'un trottoir que les bouches d'égout ont criblé d'acné, que ce soit sur le moelleux coutil de notre lit douillet, sur le mâchefer de notre piste de misère ou dans la boue de profondes fondrières, viendra le moment où il nous faudra chuter…
et lâcher prise...

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